Liens du jardin

Related Posts Widget for Blogs by LinkWithin

RECHERCHER

JPB

  • JP

me suivre sur

CFRG


Gerbeaud


...

Ann

  • Feeling happy 2009 07 05 5

« Murraya paniculata : Bois-jasmin, Buis de chine | Accueil | Le marc de café nuisible au compost… »

28/06/2009

Commentaires

Je ne connais pas le bouquin en question (et j'avoue être étonné qu'Actes Sud ait pu éditer une telle nullité) mais je te fais confiance. Si c'est à ce point, il y a de quoi avoir les cheveux qui se dressent sur le crâne. On peut aussi le prendre au second degré et rire à gorge déployée. Il faut bien trouver de quoi renouveler la "bibliothèque" de nos lieux d'aisance...

ce qui est énervant est que ces livres ne parlent pas de jardins ni de jardinage
et surtout la masse de filtres culturels et idéologiques des auteurs
qui réussissent à tordre complètement le sujet,
exemple cette volonté de distinguer jardin d'agrément, jardin utilitaire et parc urbains
c'est le filtre Louis XIV, potager+verger = loin, orangeraie = parfums = sud = été, parterre = buis puants et fleurs basses = taille = tapis = devant la maison... c'est incroyable de ne pas voir que ces filtres n'existaient pas
et ne sont même pas possibles ici.
C'est une conception moderne et misérable de jardin pour les yeux, alors que les jardins de l'antiquité, depuis la Perse surtout
sont des jardins de la totalité des sens, l'ouie, les parfums, le goût, la fraîcheur, les couleurs, la beauté géométrique
pas un mot non plus de cet art très ancien de la taille, de la greffe, de la sélection variétale, qui se voit bien dans l'iconographie (par ailleurs pauvre)
c'est quand même ces gens qui ont fabriqué des fruits incroyables à partir de souches naturelles très éloignées,
les olives, les figues, les grenades, les dattiers, c'est une chose de phénoménal, c'est génial d'avoir fait ça,
les OGM anti round up, c'est de la rigolade à côté de ça
et bien pas un mot,
rien sur le détail des techniques d'irrigation, je veux dire le calcul des pentes, des débits, les machines,
les fréquences d'arrosage, la maitrise du terrassement etc etc
enfin c'est quand même un signe d'une régression culturelle grave.

Merci, Jean Paul, c'est toujours un
plaisir de te lire. On apprend toujours
en venant à LOF.
Bel été à vous !

voici la réponse de Bruno Marmiroli, je veux bien qu'on ne se perde pas dans la technique, mais enfin la méconnaissance des techniques est telle qu'elle amène les auteurs à dire n'importe quoi
(débris de pot de fleur comme engrais, puis au milieu d'un e bassin etc.)

Monsieur,
Je viens de prendre connaissance de votre message adressé à Actes Sud concernant l'ouvrage sur les "Jardins et Paysages de l'Antiquité". ...
Tout d'abord et cela vous a probablement échappé, les deux ouvrages publiés traitent d'un thème plus large que le jardin puisqu'ils abordent également (et c'est valable pour le partie consacrée à la Grèce) la question de la perception du paysage, ce qui intègre la dimension géographique et mythologique, pour ne pas évoquer la notion de topographie.
Sur le plan strictement archéologique, il y a peu de traces tangibles et, sauf à considérer que les missions de fouilles soient constituées de sombres idiots (vous citez le cas des fouilles du temple d'Héphaïstos), il faut se fonder sur leurs rapports de fouilles pour analyser un peu les vestiges en place.
Selon vous, le livre ne comporterait rien concernant les jardins et je ne vous donne par totalement tort puisque l'objectif de départ était bien de ne pas saturer le propos de listes de plantes dont personne ne peut attester scientifiquement la présence.
Je comprends fort bien que de nombreux lecteurs qui attendent de ce type de publication de belles images de fleurs, des recettes et de vastes explications sur les modes et les techniques de jardinages (et pourquoi pas sur les sécateurs) soient déçus.
Je m'en réjouis car ce n'était pas du tout l'objectif du livre. Si tel est le cas, il est préférable de consacrer son temps à la lecture d'articles de magazines portant sur le jardin.
Mais si nous reprenons un peu le fil de l'histoire, sauf à considérer que les oeuvres d'Hésiode, de Théophraste, les poèmes homériques, l'oeuvre de Grimal, de Marcel Detienne, de Jean-Pierre Brun...soient des tissus d'inepties, je ne peux pas me fonder sur votre perception du jardin pour valider pleinement votre critique.
Je passe rapidement sur vos allégations concernant notre lointain rapport au jardin, nos maigres connaissances en histoire des techniques et notre ignorance en matière de cultures méditerranéennes, inutile d'alimenter un débat stérile. Je reste malgré tout mobilisé pour répondre à d'éventuelles questions (fondées).
Cordialement,Bruno Marmiroli
cc : Aude Gros de Beler, Actes Sud.

Ce livre sur les jardins et paysages pose apparemment un problème, si le jardin est négligé quid du paysage ? Certains prétendent que l'antiquité n'est pas paysagère (Augustin Berque) et que cette notion apparait en Chine puis en Europe à la renaissance.
Pour ma part j'aime beaucoup l'ouvrage de Michel Baridon / Les Jardins. Paysagistes, jardiniers, poètes. Chez Robert Laffont (Bouquins) 1998.

Bonjour François,
Ce livre n’aborde pas la notion de paysage dans chacune de ses parties, l’Egypte est vue jardinière au sens agronomique, la Grèce au sens mythologique, c’est le chapitre romain, avec des paysages typiques de l’iconographie pompéienne qui en traite un peu.
Comme toi je pense que la notion moderne de paysage n’a pas d’équivalent dans le monde antique, notamment par ce que les anciens n’ont pas une
perception aussi prioritairement visuelle que nous. La primauté du visuel dans notre appropriation du monde est effectivement croissante depuis la généralisation des règles de la perspective de la renaissance à nos jours - avec le triomphe des écrans –, elle conditionne notre perception et notre pensée différemment.
C’est déconcertant y compris dans les plans de jardins égyptiens, vues de dessus et de vue de côté voisines sans règles, c’est illisible pour nous. Comment savoir si les bassins égyptiens étaient sur ou sous élèves par rapport au sol du jardin (ils arrosent en portant des vases d’eau) ?
C’est pareil pour le jardin, les anciens ne sont pas univoques, un jardin à toujours des dimensions multiples : la dimension olfactive est plus importante chez les moyen orientaux antiques que la géométrie du jardin, la dimension gustative, médicinale, la dynamique des ombres et lumières, le rôle des sièges et de la présence assise au jardin, etc. bref une perception à multiples profondeurs sensuelles et mythologiques où le regard n’est pas prépondérant.
Enfin, il n’y a pas chez eux tout le signifiant social que nous mettons dans un jardin, la différenciation jardin d’agrément / jardin potager qu’utilisent les auteurs n’a pas de sens, on vit de façon très privée dans les jardins antiques.
De même notre la notion d’espace vert n’est pas perceptible dans les modules urbains, enfin bref ce livre passe à côté d’un vrai riche sujet..
Baridon décrit très bien le lien jardin paysager - paysage, il voit une importante charnière pour l'Europe au XVeme siècle, il a raison.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.