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Mai 68

Tera_festival_escultura_areia_sculp (Photo LOF – juin 68 : sous la plage les pavés)

Mai 68 : Au poste de frontière de Ferney les douaniers suisses rigolent.
La douane française est en grève, une occasion à ne pas manquer : c’est le défilé des nouvelles 504, qui passent le coffre chargé de lourd, un peu bas.
Les banquiers de Genève ont du travail, l’argent rentre.
Mai 68, c’était déjà la modernité.

Slipping_cat_chat_qui_dort_gato_a_d (Photo LOF – chat qui rêve d’oiseaux et oiseaux insouciants)

A Roanne, Pierre et Michel Troisgros viennent d’avoir 3 étoiles Michelin,
on parle de mettre à bas le vieux système des étoiles,
La révolution c’est Henri Gault et Christian Millau : Là où on va manger, c’est à Asnières chez Guérard
Ils n’ont pas encore la deuxième étoile, c’est vraiment une autre cuisine, un accueil simple.
Les maoïstes ne mangent pas de riz, les trotskistes pas de bortch.
Autres temps.
La France était jeune.
Souvenir du grand pot au feu de la mer.
Parfaitement cuit.
Tel qu’en lui-même, nature, beau dans sa grande assiette et cette sauce de tomates au goût de tomate. 
Mai 68 c’était l’insouciance.
Il n’y aura bientôt plus de poissons dans la mer et le pétrole est déjà trop cher pour aller les pêcher.

Fat_gras (Photo LOF – il y a 40 ans la France était jeune et maigre)

Rasage (3) : Bonheur de la trace

Activ_gel_wilkinson (Photo LOF – excellent produit… mais sans trace)

Le bonheur du rasage c’est de faire une trace.
Faucher les blés, tondre la pelouse.
Bonheur suprême : le rasage avec la mousse, égal à ceux de voir tomber sur un sol caillouteux et d’herbes sèches une neige fraîche immaculée, puis d’un rasoir au fil parfait skier cette pureté vierge sous un grand ciel bleu dans l’immense solitude de la salle de bain habitée du seul bruit souple de la lame au travail.
Et voir la trace.
C’est pourquoi, si glissants, cicatrisants, adoucissants soient-ils, les gels à raser invisibles, les huiles à raser innovantes, restent d’incolores néants ne procurant pas davantage de plaisir que de marcher dans l’eau.
Sans aucune trace.

Local Warming is good for me

Nefles (Photo LOF - tu vois, nos enfants seront mûrs à Noël, quelle chance pour eux)

C’est fait, février est terminé.
Donc plus de risque de gel.
Elieser dit que « antigament » il a gelé un début avril, mais tout le monde sait qu’Elieser est comme ça.
Ce fut donc un hiver doux.
Le plus bas devait être autour de 3° C.
Les papayes sont notre thermomètre.
Elles sont toujours vertes : les papayes ne vont au dessous de 5°C que s’il n’y a pas de vent, à 2 ou 3 elles rendent l’ame.
Pour maintenir la serre à 8° il a fallu 2 bidons de carburant à l’alcool contre 4 l’an dernier.
Nous avons réduit de moitié nos émissions de CO2 et la facture.
Avec le réchauffement, l’océan plus chaud, il a plu comme jamais, donc la végétation est magnifique, cette verdure générale nous inquiète : et si elle absorbait trop de CO2 ?
Et si on allait vers un refroidissement ?
Ce qui va être difficile avec le global warming, c’est que ça fait du bien à beaucoup de monde.
Pour faire croire aux gens que c’est la nouvelle peste, il faudra leur démontrer que se geler (surtout les pieds) est une bonne chose.
Bonjour la communication.

Cactus (Photo LOF - tu vas voir le global warming, enfin libre, terminé la serre en hiver)

Le précepte volontariste d’IBM : penser global, agir local est le revers ordonné et non spontané du quotidien de tout le monde : agir local, s’intéresser au global à la télé.
L’hiatus entre notre façon de vivre et notre façon de penser comment on devrait vivre fonctionne sur le principe général de l’attraction/répulsion et dans le sens local vers global.
Il ne faut pas d’étonner que les plus grandes entreprises de l’US Climat Action Partnership réclament des lois sur les émissions de GES et un marché mondial du droit d’émettre le CO2.
On se demande pourquoi les graphiques de projection climatique ne sont pas donnés avec des ordonnées logarithmiques.
Cela aurait le mérite de faire apparaître les températures critiques.
La menace de voir à Paris les températures de Marseille, c'est-à-dire de voir à LOF à San Diego, à la frontière du Mexique, ou encore à Tel Aviv, est, après tout, réjouissante pour nos dattiers.

Canards_ducks (Photo LOF - Migrateur oui ... mais la Finlande c'est pas la porte à côté)

Profiter tant que c’est possible

Acanthe_acanthus_leaf (Photo LOF – Azulejo, frise de feuilles d’acanthe, salle de bain nord)

Il y a deux ans, Clémentine faisait de magnifiques azulejos chez Cativa, à Santiago de Cacem.
Une des rares fabrique où on trouvait du tout fait main, bien fait.
Clémentine avait une bonne main et une bonne connaissance de la couleur (ce qui n'est pas facile, car tout se peint en gris, c'est la cuisson qui donne la couleur)

Acanthus_leaf_feuille_dacanthe (Photo LOF – Les azulejos XVIIIeme sont les plus beaux)

Lof est plein d'azulejos.
Ann a décidé de poser des azulejos sur les sièges qui sont de chaque côté de la terrasse sud.
Depuis lesquels on regarde le jardin.
Elle va chez Cativa.
Clémentine n’y est plus
Maintenant nous voici partis à la recherche de Clémentine.
Il faut vraiment profiter des bonnes choses quand elles existent.

Azulejo (Photo LOF – Cette frise d’acanthe est un décor qui se développe sur 5 azulejos)

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Rasage (suite)

Savon_barbe_monsavon (Photo LOF - Le meilleur des savons à barbe : Monsavon en bol à raser)

La note "rasage 1" traitait de la serviette à barbe et du miroir à raser.
Il faut maintenant penser aux cadeaux de Noel : savon à barbe ou crème à raser ?
Le savon pour la semaine, la crème pour le dimanche.

Creme_raser_blenheim_bouquet (Photo LOF - La crème c'est mieux, et celle-ci c'est le mieux du mieux)

Une autre note traitera des gels non moussants, les huiles ne procurant aucun plaisir, pour l’instant priorité au plaisir de faire de la mousse.
Le savon ne graisse pas, ne laisse pas de trace, un coup d’eau tout est net.
Le point faible du savon est de sécher plus vite que les crèmes, la semaine on ne traîne pas :savon.
Dans les aéroports, le savon n’est pas soumis au contrôle liquide ou pâteux anti-terroristes
Mais quel savon ?
En France on trouve une perfection de savon à peine parfumé, une mousse fine et bien blanche une présentation pratique (125 g) c’est "Monsavon Bol à raser".
Une merveille, un parfum de savon à barbe.
C’est pour rien.

Monsavon_bol_a_raser (Photo LOF - Monsavon)

Parmi les purs savons, il existe une fabrication artisanale italienne séculaire (fondée en 1903) Virgilio Valobra « nome di fama nel mondo dei saponi » et sa Crema di Sapone Purissima
Ce savon mériterait presque le voyage à Rome, il n’a aucune tenue, un rien de parfum, mais une mousse… un toucher de peau…
« It’s white, with a distinct smell of bitter almonds, and has the consistency of clay: too solid to be a cream, too soft to be a soap. I squished the bar into a little Rubbermaid cup, and lathered up. A wonderful rich lather…”

Virgilio_valobra_crema_di_sapone_purissi (Photo LOF - Virgilio Valobra Crema di Sapone Purissima)

Pour les savons parfumés, Taylor of Old Bond Street (qui n’est plus à Old Bond Street) Lavander hard soap est le plus classique

Taylor_old_bon_street_hard_soap_lavender (Photo LOF - Le savon dur Lavender de Taylor of Old Bond Street dans une boite en porcelaine portugaise)

La crème à raser
La créme Weleda est souvent sitée comme la meilleure avec Clinique.
Mais on n’a jamais fait l’expérience d’une vraie crème à raser si on ne connaît pas La crème à raser Blenheim Bouquet de Penhaligonsa very special English company
Blenheim Bouquet, est une crème de rasage qui date de 1902, le parfum avait été crée en 1872 par William Henry Penhaligon, barbier à Londres, pour le duc de Marlborough qui habitait Blenheim Palace (il est connu pour être l’eau de toilette de Winston Churchill)
Cette crème qui n‘est pas donnée, ne peut voyager en cabine puisque les emballages font 150ml.
On la trouve au Bon Marché e Paris, rayon parfums.
Elle incarne un absolu du bonheur de se raser et une bonne heure d’auto appréciation d’un visage parfait et d’un parfum de peau nette

(Photo LOF - Penhaligons_blenheim_bouquet_shaving_cre in Jar with Silver Plated Lid)

Une maison dans la tête avec des arbres

Vila_viosa (Photo LOF - Vila Viçosa jardin du chateau)

On a tous dans sa tête un endroit où aller pour être bien quand tout ne va pas bien
Dans cet endroit il y a une maison
C’est une belle maison où on est bien.
Il fait bon y aller avant de s’endormir
Bien qu’on y prête pas toujours attention la maison est dans les arbres
Des grands arbres qui entretiennent des ombres silencieuses

Siges_lombre (Photo LOF - l’ombre silencieuse)

Les maisons de nos têtes sont à l’image des maisons entrevues
ou visitées
dans des moments inattendus

Vidigueira (Photo LOF - Maison à Vidigueira)

Comme le soleil et le bonheur vont ensemble
où il fait bon rentrer aux heures chaudes
entendre le vent de mer dans les arbres
Des grands arbres qui entretiennent des ombres parfumées
fraîches avec le bruit de l’eau qui coule dans le tank à eau
Et les cris des aigles

Alle_taille (Photo LOF - allée tailée, ombre, parfum de cyprès)

Un jour la maison de sa tête est une vraie maison
Mais les arbres ne poussent pas vite
Heureusement qu’on a une tête

Lugar_do_olhar_feliz (Photo LOF – Lugar de Olhar Feliz)

Printemps durable

Printemps (Photo LOF - ces tulipes botaniques ne durent pas longtemps ici, vite la température monte)

Le printemps procure une joie neuve et forte.
ça fait vraiment du bien.
Comme les plantes on se dit qu’il n’y a pas de temps à perdre pour vivre complètement.
Le soleil, ce temps magnifique – il fait déjà plus de 25° dans l’après-midi et on est encore pas le 15 mars – la campagne si belle, les premiers insectes, les aigles qui sont si pleins de joie et font des grands cris en montant haut haut…
on rentre fatigués du jardin.
Le soir grand silence, apéritif au bord de la piscine.
Et le matin après un sommeil lourd comme une grosse pierre, la lumière bien claire, bien pure…
A ce moment là revient à la mémoire la crainte diffuse que ce soit comme du temps des week-ends à la campagne, qu’à la fin, le dimanche après midi, il faut rentrer à Paris.
Heureusement non.

Glaon_qui_fond (Photo LOF - Glaçon tombé en train de fondre au bord de la piscine, doucement, comme le jour qui décline)

Plaisir du jardin

Cabea_de_cabra (Photo LOF - Le pays se couvre de plantations minutieuses et largement subventionnées de chênes-lièges, qui se plantent bien ordonnés)

Samedi visite d’un spécialiste de la mycorhization.
Il s’agit d’ensemencer des arbres de façon qu’il vivent en symbiose avec un champignon comestible.
Victimes de la PAC qui transforme tout terrien d'Europe en chasseur de subventions, nous plantons des chênes-liège, sans croire un instant à l’utilité d’un projet dont la viabilité économique repose sur des hypothèses à 50 ans (première récolte vendable dans 40 ans).
Le liège (produit 100% à la main dans un pays ou il n’y a pas de main-d’oeuvre) étant selon nous condamné nous ajoutons un programme d’ensemencement des jeunes arbres de façon à produire rapidement des ceps que nous aimons bien en soupe ou sur les pates.
Le spécialiste visite le jardin. Il voit bien que nous n’avons aucune passion pour l’agriculture industrielle ou productive, il demande si nous visons l’auto satisfaction autarcique de nos besoins.
L’auto production correspond à une exigence de qualité et de variété, mais il y a d’abord le bonheur du jardin et des produits frais et loyaux. (Bien entendu on peut faire un calcul de l’avantage économique procuré par l’absence fiscalisation (TVA, taxes locales etc. et charges sociales) sur l’auto production auto consommée).
Les visiteurs sont souvent incapables d’imaginer qu’on peut faire un jardin pour le plaisir.
De vivre pour le plaisir.

Alentejo_1 (Photo LOF - cet arbre est spontané, mais on peut obtenir une subvention pour en faire une plantation productive)

Mort de Jacques Lacarrière

Matin (Photo LOF)

« Je me souviens de cette représentation des Perses d’Eschyle, que nous avions donné à Delphes, sur le théâtre, en 1955, où le cri du messager annonçant aux vieillards de Suse la défaite de la flotte perse à Salamine : "Perses, l’armée barbare toute entière a péri !" se répercuta indéfiniment sur les rochers, comme si la voix antique s’élevait à nouveau… »
Jacques Lacarrière « Promenades dans la Grèce antique ». Delphes
Jacques Lacarrière est mort samedi.

Nul n’oubliera jamais ce dimanche aux gros nuages lourds où France Culture diffusa sa traduction d’Œdipe Roi (1994, la Trilogie de Sophocle).
Ce marcheur infatigable, est mort des complications d’une opération du genou.
Il a voulu que ses cendres soient dispersées en Grèce.

« Quand je revins à Delphes, très tard, à la tombée du jour après une journée entière passée sur le Parnasse, l’orage commençait à gronder. Les nuages couvraient les sommets des Phaedriades et, vues du haut de la falaise, la mer et la baie d’Itéa avaient la teinte mate et foncée d’un grand miroir de bronze. Juste en face de moi, sur le vide, des rapaces s’amusaient à rester immobiles, ailes étendues, contre le vent venu du large. Le site de Delphes n’avait plus âme qui vive. La nuit recouvrait lentement les ruines et en descendant le long des pentes couvertes de pins, dans le silence précédant l’orage et la solitude de ces lieux rendus pour quelques heures à leur destin premier, je repensai à ces paroles de la Pythie, adressées à l’empereur Julien l’Apostat, qui furent le dernier oracle qu’on prononça à Delphes :
« Dites au roi : "La belle demeure s’est effondrée. Apollon a perdu sa maison, son laurier prémonitoire et sa source chantante. Plus jamais on entendra la voix de l’eau qui parlait"»
( Julien avait fait consulter l’Oracle pour savoir si le règne des dieux païens était terminé / j’ai modifié la traduction du texte grec, excusez moi M. Lacarrière)

Oreste (Photo LOF - Oreste, gravure de LM Halbou 1786, dans Théatre des Grecs par le P. Brunoy)

Il a raison

Piscine_2 (Photo LOF - Piscine)

JCP décrit dans le célèbre blog « couleur Alentejo » l’Alentejo au travail :
"Notre Alentejo travaille"
LOF s’associe a cette initiative bienvenue contre une idée reçue.
Ici non seulement ça travaille, mais ça travaille dur.

Sieste (Photo LOF - "tout effort inutile coûte" dit JCP)

Et c'est pas si facile sous le soleil.

Reflet_1 (Photo LOF : reflet de LOF)