Pastels auctionners

  • Casa d'Aste Babuino
    Marchand romain, bons catalogues en français, manque un moteur de recherche
  • Zeller à Lindau sur le Lac de Constance
    cliquer sur le catalogue et chercher "pastelle"
  • Lotissimo
    Gros site allemand de vente en ligne
  • Auction
    26 commissaires priseurs français, de très vieilles maisons. A consulter régulièrement
  • Heffel
    Ce site canadien a une option de recherche sur portrait et souvent de jolies choses
  • La gazette Drouot
    y aller souvent, les ventes françaises sont une mine de pastels
  • interencheres
    interencheres a une bonne présentation des résultats de recherche, un bon site
  • Sothebys
    Sotheby's - incontournable, suivre notamment les ventes à Londres
  • Christies
    Christies, avec un bon moteur de recherche et le spécialiste Nicolas Schwed
  • auktionsverket
    Grande maison de vente à Stockholm - belles ventes XVIIIeme
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Femmes sur boutons d’habit

Women_on_clothing_button_femme_sur_ (Photo LOF – Coll. LOF - Femme sur bouton d’habit)

Cette note simplement pour signaler un album dans le site des portraits au pastel
Ce sont des miniatures sur ivoire protégées par une petite lentille de verre soufflé.
Une étonnante collection de femmes peintes sur boutons d’habit, d’époque Louis XV
On dirait bien des portraits ou des évocations
Dans la mesure où il y en a beaucoup,
et quelles sont du même âge,
ce sont sans doute des conquêtes et plutôt que des amies d’école.
Qui a bien pu faire ces incroyables boutons qui lui donnaient le plaisir de caresser encore des souvenirs de moments heureux, justement quand il tombait ses vêtements ?
Qui ?

Ventes d’automne 2007

Mercier_claude_selfportrait_1759 (Photo R. Millet – Autoportrait de Claude Mercier 1759, Pastel, détail du visage)

Le marché se tient bien.
Les prix dépassent les estimations, de façon pas toujours justifiée.
Le lot 60 de la vente du 4 septembre à Amsterdam chez Sotheby’s - a portrait of a nobleman, wearing a grey coat and blue vest with white lace collar, writing a contract - german school, circa 1762 - pastel de 57 x 42,5 cm a été vendu 2125 euros il était estimé 500 à 700.
L’estimation était faible mais dans le marché actuel, pour un portrait laborieux, les matières uniformément mal rendues.
Mais il faut croire que son côté décoratif du gris mode, son excellent état ont retenu l’attention.

Pastel_amsterdam_04_09_2007 (Photo Sotheny’s – Portrait d’homme pastel Amsterdam 4 septembre)

Le 26 novembre chez Me Pescheteau – Badin un auto portrait de Claude Mercier (44,5 x 36 cm) signé/daté Mercier / pinxit 1759…estimé 3000 euros par l’expert René Millet fait 7000 euros.
C’est un prix élevé dans le marché actuel pour un pastel de petite dimension.
Longtemps confondu Charlotte Mercier (1738 -1762), Claude Mercier (vers 1740- ????) est un pastelliste dont on ne qu’une connait que 5 pastels identifiés,
il ne semble pas avoir été actif longtemps (à Paris entre 1752 et 1758) c’est tout ce qu’on sait de lui actuellement.

Claude_mercier_autoportrait_1759 (Photo R. Millet – Autoportrait de Claude Mercier 1759, Pastel)

N. Jeffares a largement contribué à clarifier le sujet (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 378.)
Neil donne la reproduction de l’autoportrait, qui était passé à Drouot, n° 53 le 14 septembre 1961, justement attribué faussement à Charlotte Mercier.
Ce portrait n’est pas en parfait état (usures, petites tâches...), son cadre était beau.
Claude Mercier démontre ici d’excellentes qualités, la mise en page est correcte, le travail de la peau, les cheveux sont magnifiques et ce petit reflet rouge vif sur les boutons d’argent, c’est un bon artiste.
L’autoportrait n’est pas facile, car il faut éviter de faire l’air absent qu’on a quand on se regarde dans une glace.
Il apparaît également que Claude Mercier avait en 59 moins de vingt ans, ce visage est jeune, et déjà la technique est excellente.
Bref, il aurait été bienvenu dans la collection LOF.
Dommage.

Mercier_claude_1759_dtail (Photo R. Millet – Autoportrait de Claude Mercier 1759, détail de la veste et signature)

Portrait de Vauban par Joseph Vivien

Vauban_by_joseph_vivien (Photo LOF – Portrait par Joseph Vivien annoté "Vauban" au dos)

2007 est l’année de la célébration nationale du 300° anniversaire de la mort de Sébastien Le Prestre, seigneur de Vauban (1633 - 1707)
Cette note commente un portrait au pastel de LOF annoté (tardivement) au dos « Vauban »
Il s’agit d’une préparation ( taille réduite : 34,6 x 26,8 cm), les portraits au pastel de Vivien sont nettement plus grands
Vauban
L’iconographie abondante de Vauban est bien documentée elle ne signale pas de portrait de Vauban par Vivien.
Parmi les portraits faits du vivant de Vauban le plus ancien est l'ovale du musée national du château de Versailles - MV 8351- attribué à François de Troy (1645-1730), Vauban y a une trentaine d’années.

Le_prestre_vauban_versailles_dtail (Photo RMN / Versailles – portrait de Vauban attribué à F. de Troy, détail)

Le plus récent et le plus beau est le dessin attribué à Charles Le Brun (1619-1690) – dont Vivien fut l’élève - conservé à la Bibliothèque du Génie, Service historique des armées à Vincennes.
Vauban est âgé d’environ 70 ans (il aurait donc été fait vers 1700, Le Brun était mort depuis 10 ans et inactif depuis une douzaine d’années)

Vauban_attr_le_brun_muse_gnie (Photo Giraudon-Art – Vauban attribué à Le Brun)

Le Louvre conserve le magnifique buste d’Antoine Coysevox
Le portrait de LOF montre un Vauban âgé d’une cinquantaine d’années, il daterait donc de 1685/95, Joseph Vivien (Lyon 1657 - Bonn 1734) travaillait à cette époque pour les bâtiments du Roi, il préparait sa candidature à l’Académie.
Il était connu comme portraitiste au pastel c'est lui le premier grand pastelliste.
Les trois représentations de Vauban citées plus haut montrent une forme de visage identique,
de même que certains détails anatomiques : le coin de la lèvre droite pincée, la lèvre supérieure un rien rentrée, le même nez, des beaux yeux bleus et clairs, la paupière droite avec la même une double ride, etc.
Coysevox_vauban_louvre En revanche Vivien ne montre pas la fameuse cicatrice de la joue gauche, au niveau du bout du nez, qui date d’une blessure de Vauban au siège de Douai en 1667 et à laquelle Coysevox donne un diametre d'environ 2.5 cm.
Pourtant, Vivien a utilisé le même cadrage que les deux autres portraitistes, qui consiste à montrer Vauban de ¾ profil droit de façon à ne pas attirer l’attention sur elle.
Cette absence de cicatrice intrigue, bien que la cicatrice ne soit pas une constante dans l’iconographie de Vauban.
Vivien fait la même correction pour lui même
Sur son autoportrait de la Pinacothèque de Munich (daté 1730) il se représente avec une grosse verrue sur la joue gauche – au niveau de la bouche – alors que sur son autoportrait pleine face de 1699 (aux Offices) sa joue est immaculée.
Vauban_in_cambrais_symtrie Plus curieux est le costume de Vauban qui sur tous ses autres portraits est représenté en armure.
Ici Vauban est vêtu d’un lourd velours comme Vivien les aime.
Pourquoi Vivien n’a-t-il pas préféré l’uniforme comme pour son portrait du Duc de Villars ?
Est-ce que ce portrait est à mettre en rapport avec un l’entrée de Vauban à l'Académie des Sciences en 99 ?
L’absence d’attribut militaire ou d’élément de décors ne permet pas de savoir.
Selon son usage Vivien représente Vauban la main occupée à entrer sa cravate... Fontenelle dans son éloge à Vauban devant l’Académie des Sciences, dit qu’il « méprisait cette politesse superficielle dont le monde se contente ».
Vivien ne déteste pas cette touche de laisser aller dans le vêtement

Vauban_vivien_lof_hand (Photo LOF ci-dessus/RMN ci-dessous – Portrait de Vauban par Joseph Vivien et portrait d’artiste au Louvre : la pose – dos droit, œil du portraitiste toujours plus bas que celui du personnage, les coins de la bouche relevés, une sérénité de l’expression, la main occupée, le raffinement des teintes notamment pour la peau et le tissu, la subtilité des nuances du fond, les plis inexplicables sur des velours pesants aux tons chauds) Main_vivien_louvre

Main_hand_vauban_getty_symtrie (Photo LOF – Portrait de Vauban par Joseph Vivien détail de la main)

Main_hand_guetty (Photo J. Paul Getty Museum's – Portrait au pastel par Joseph Vivien détail de la main en symétrie. La façon dont Vivien dessine les mains est caractéristique, comme de marquer les phalanges, de serrer le majeur et l’annulaire, d’allonger le doigt, montrer la main occupée et non posée … )

Ventes Juillet 2007 - Christies

Rosalba_cariera_christies_londres_0 (Photo Christies – Tristesse par Rosalba Cariera)
Le 3 juillet, Christies met en vente à King Str. deux Rosalba :
le lot 57 (43 x 34.7 cm) est rapproché du n° 210 de B. Sani, pl 184.
Il provient d’un proche du Conte Pio de Persico.
L’estimation entre £12 18000
Très jolie chose que cette jeune femme qui tient un mouchoir dont on perçoit le regard proche des larmes « olhos bolidos »…
Est-ce un portrait ?
nous ne le saurons sans doute jamais, mais c’est quand même une vraie italienne que Rosalba…
Et le 58 « Portrait de Caterina Sagredo Barbarigo» (43,7 x 33,7 cm) même provenance,
proche de celui de Dresdes (B. Sani no° 343, pl. 301) et est une copie.
(manque de sensualité, décolleté pas dans le genre de la Rosalba avec le sacrifice barbare d'un rang de perle, bouche laborieuse, nez chirurchical... etc.)
L’estimation prudente £ 6 – 8000 est largement justifiée

Caterina_sagredo_barbarigo_rosalba_ (Photo Christies - Portrait de Caterina Sagredo Barbarigo)

Ecrit le 11 juillet :
Bilan de la vente ... le lot 58 (la copie, tout ce qu'il y a de médiocre) a trouvé preneur à 26400 frais compris,
alors que le lot 57 (le bon, de lamain de la Rosalba) est parti à 20400 frais compris.
Comme dit un marchand présent dans la salle, on vend de la déco...

Ventes Juillet - 1 Sotheby's

Jj_rousseau_de_la_tour_1753 (Photo Sothby's - Jean-Jacques Rousseau par La Tour au pastel)

Sotheby’s met en vente le 4 juillet à New Bond Street - lot 86 - le portrait au pastel de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) de la collection du banquier Delessert, par Maurice-Quentin De La Tour.
La provenance est donnée au catalogue “Given to Rousseau by La Tour before 16 December 1764; probably given by Rousseau to Mme. Delessert, née Madeleine-Catherine Boy de La Tour (Neuchatel 1747- 1816 Rousseau en avait fait la connaissance en 1762, elle épouse Etienne Gabriel Delessert en 1766),
daughter of Rousseau's friend Mme. Boy de La Tour-Roguin, in 1776; by descent to her daughter, Marguerite-Madeleine, Mme. J.-A. Gautier; to her daughter Sophie, Mme. François-Marie Delessert; 1868, to her daughter, Baronne Bartholdi, her estate sale,
Paris 13 May 1911, lot 5, bought by Marius Paulme, his sale,
Paris, Georges Petit, 13 May 1929, lot 120 to Martinet of Geneva
)
La Tour avait fait plusieurs versions du portrait de Jean-Jacques.
Ce portrait est largement documenté, la version de Saint Quentin est quasiment identique mais plus petite (45x35,5 cm), celui-ci fait 52,3x37,4 cm.
La lumière sur le menton est plus ici plus vive, sinon on voit l’exactitude de la main de La Tour qui a fait le même travail, avec les mêmes précisions, des sourcils jusqu’aux plis du vêtement, incroyable maîtrise…
Diderot avait eu la dent dure avec ce portrait il dit qu’il s’attendait à voir "Epictète en habit négligé, en perruque ébouriffée, effrayant, …je n’y vois que l’auteur du Devin du Village, bien habillé, bien peigné, bien poudré, ridiculement assis sur une chaise de paille… » dans son Essai sur la peinture.
Rousseau considèrait que c'était le meilleur potrait de lui
La Tour aimait beaucoup ce portrait, il en avait conservé une version
on le comprend.
L’estimation est à £ 120-160000
Inutile de dire qu’il s’agit d’une pièce magistrale, de tout premier ordre.
11/07 Le portrait de Rousseau sera désormais (pour £ 120000 hors frais) au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency (heures de visite sur ce lien), c'était la meilleure chose qui pouvait lui arriver.
Lire la bréve de La Tribune de l'Art en suite de note.

La_tour_paradis_de_moncrif (Photo Sothdeby's ... François-Augustin Paradis de Moncrif)

Suivra, lot 137, le portrait que Sotheby’s dit de François-Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770) qui n’a pas trouvé preneur le 26 janvier à New York lot 352.
J’avais émis des doutes sur la personne représentée ici par La Tour
C’est un pastel de taille moyenne 43.5 x 45.1...
Il est annoncé à £ 8000-12000 (N-Y on parlait de $25000-35000)
La notice est prudente « This fine pastel is the only known surviving version of La Tour's portrait, the composition of which is recorded in a painted copy at Versailles, inscribed with the sitter's name and dated 1733. .. According to Besnard, a pastel portrait of Moncrif was exhibited at the Salon in 1748, no. 83 (loc. cit.)…”
Effectivement, le n° 87 de ce salon était celui de l’académicien
Un pastel qui passe deux fois de suite en vente la même année… bonne chance.
11/07 effectivement, invendu.

Rosalba_maria_amalia_dautriche (Photo Sotheby's - l'impératrice Marie Amélie)

Le lot 157 est un magnifique Rosalba : le portrait de l’impératrice Amalia - Maria épouse de Karl Albrecht VII de Bavière Princesse d’Autriche (64.5 x 50.0 cm)
Jospeh 1er épousa en 1699 Amalia Wilhelmine von Braunschweig-Lüneburg (1673-1742), ils eurent deux filles Maria Josefa (1699-1757) et Amalia Maria (1701-1756)
La notice renvoie au portrait référencé 262, fig. 229 chez B. Sani (Rosalba Carriera) qui en discute l’identité – le catalogue remercie le Dr. Gerhard Immler, directeur des archives bavaroises et M. Andreas von Majewski, directeur de l’inventaire d’avoir confirmé l’identification de l’impératrice Marie Amalia.
Effectivement il y a une ressemblance avec le 262 (qui est un ovale)
Il existe d’autres portraits d’Amélie, à Dresdes, à Monaco, ce qui me semble curieux est que sur celui-ci elle porte exactement les mêmes bijoux, la même cape etc. que le 263 qui est un désigné portrait d’Elisabetta (?) d’Autriche.
Ce 263 est passé de la collection de Dresdes en main privée ne ressemble pas au portrait mis en vente.
Il se pourrait donc bien que le 263 soit une copie du pastel mis en vente à Londres, dont la main est bien de Rosalba.
La datation est à coup sûr antérieure à 1755, ce que confirme l’age de Marie Amélie sur le portrait (£ 50 à 70000)
11/07 : L'Impératrice n'a pas trouvé preneur

Giuseppe_parini_par_giuseppe_pietro (Photo Sotheby's - Giuseppe Parini par Giuseppe Pietro Mazzola)

Un portrait de Giuseppe Parini par Giuseppe Pietro Mazzola (1748-1838) est passé chez Sotheby’s Milan le 26 juin (lot 106).
Il s’agit d’une réplique de celui du Musée de Come (Musei Civici di Como, inv. n° 209) daté 1793.
On ne peut pas se tromper sur l’indentification.

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Ventes de juin 2007 (1)

Chez Me Philippe Rouillac à Cheverny, le 11 juin, lot 80 : « Portrait de Watteau dit Portrait à la chaise » par Rosalba Carriera (Venise 1675 - 1757) - 33 x 25 cm, bande de papier rajoutée en bas « usures et piqûres »

Attribu_rosalba_pas_antoine_watteau (Photo P. Rouillac - « Portrait de Watteau dit Portrait à la chaise »)

Le 143 du catalogue Rosalba de B. Sani, c’est-à-dire au rittrato de Antoine Watteau (26.5x22.9 cm) du Frankfurter Städelsches Kunstinstitut est une copie de ce pastel.
Oui.
Est-ce un Portrait ? une préparation tout au plus.
Est-ce de Rosalba ?
Est-ce Watteau ?
Pour une estimation 60 à 80 000 €, on peut se poser la question

Faux_watteau_copie_de_francfort_att (Photo Institut d’art de Francfort – « Portrait d’Antoine Watteau », on voit qu’il s’agit d’une copie, la pose est identique mais inexplicable en l'absence de torse et de chaise – photo de photo couleur incertaine)

Au dos du dessin, une notice, d’une belle calligraphie donne des extraits de la vie de Watteau suivie de « Peint par la Rosalba »
En 1770 lors de la vente de la collection d’Ange Laurent de La Live de Jully (1725-1779) – première indication de provenance, 50 ans après la date présumée du portrait - la Rosalba jouissait d’une grande renommée, elle était une pastelliste collectionnée, alors que Watteau n’était plus connu que d’une toute petite minorité.
Une attribution à Rosalba était facile et flatteuse.
Les préparations répétées ne sont pas dans le mode de travail de Rosalba qui ne fait pas de poses originales.
Un portrait en plongée avec torse vu de profil et tête à 30°, chose très rare, ne peut pas être d’elle.
Elle cadre à hauteur, on le voit bien à Dresdes.
La boite à pastels de la vénitienne est différente des ocres et des gris de ce dessin, on ne voit pas ses manières comme les lumières irréelles derrière la tête, le cou et la cravate éclairée (voir le portrait d'Anton Maria Zanetti de Stockholm).

Biographie_antoine_watteau (Photo P. Rouillac - biographie de Watteau au dos du pastel, suivie de la mention « peint par la Rosalba »)

Watteau avait 36 ans quand Rosalba l’a rencontré et a fait son portrait, un an avant sa mort de la tuberculose, c’était un homme amaigri « d'une faible constitution… sa santé délicate ou pour mieux dire sa foiblesse… d'un abord froid et embarrassé » (voir les notes de frères Goncourts) qui ne cachait pas son age.
Le portrait qu’elle a fait d’A. Watteau du Museo Civico Luigi Bailo de Trevise (55 x 43 cm) comme celui gravé par Lépicié, le montrent la joue creuse, le cerne sombre, maigre et le visage long.
Dans ces conditions, il fallut à J. Cailleux en 1969 des trésors d’imagination et d’autopersuasion (ce serait une wattisation imaginaire du souvenir de Watteau, par la Rosalba… en vacances, le soir et de la main gauche pendant une crise d'Elsheimer précoce…) pour revoir Watteau aux portes du tombeau dans cet adolescent, aux bonnes joues, au léger strabisme torsionnel divergent.

Antoine_watteau_trevise (Photo Musée Louis Bailo, Trévise - Portrait d’Antoine de Watteau, par Rosalba, gros plan recadré)

La notice de la vente dit « bien que Rosalba Carriera ne soit pas réputée pour son art de la ressemblance… »…
Faut pas pousser
Rosalba travaille vite et ne soigne pas toujours le détail, mais si ses portraits n'avaient pas été ressemblants, on le saurait
Elle a connu un énorme succès, elle a été sollicitée par une vaste clientèle de gens exigeants qui ont parfois parcouru des milliers de km pour se faire tirer le portrait.
Il existe non loin de LOF un gros village qui s’appelle Vila Nova de Milfontes (Ville nouvelle aux mille sources), dont on dit ici qu’il est « le pays des 3 mensonges » : ça n’est pas une ville, elle n’est pas nouvelle, il n’y a pas de source.

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Ventes de Mai 2007

Bronzino_cristofano_allori (Photo Lafon - préparation au pastel pour un portrait, attr. Cristofano Allori)

Le 23 mai chez Lafon svv, lot 35, à Paris dispersion de la collection Paul-Frantz Marcou (1860-1932), une étude de tête de femme, intéressant travail attribué au Bronzino - Cristofano Allori (Florence 1577-1621).
Joli travail de dessin au pastel sur papier bleu (28,5 x 22,2 cm) « Pliures, rousseurs, déchirures dans le bas, petit trou en bas à droit »
Que vaut l’attribution ? On lui attribue beaucoup... Pourquoi pas Giulio Romano ?
Peu importe, il s’agit d’un vrai portrait, la pommette droite est foncée, on imagine un fond sombre, le cou invisible laisse penser qu’elle portait une fraise, il y a une belle sensibilité dans ce travail qui sort d’un siècle du cadre de ce blog.
Il est estimé à 1000 euros pour des beaux yeux clairs.

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Vente de mars 2007

La_tou_madame_dauthier_de_saintsauv (Photo LOF - Madame d’Authier de Saint-Sauveur par La Tour)

Le La Tour (car c’est est un) qui est passé chez Le Roux Morel le 28 mars – lot 46 – est un pastel qui cherche son acheteur depuis quelques années.
Il n’est pas en bon état.
Voici la courte notice faite par Mes Le Roux et Morel lors de la vente du même pastel le 22 novembre 1999 où je me souviens d’un état médiocre.
« Portrait présumé de madame d’Authier de Saint-Sauveur », pastel, 59.5 x 48 cm Provenance Château de Saint Michel dans l’Yonne. La position du modèle est à rapprocher du Portrait de Mlle de la Fontaine Solare dans la collection Arthur Veil Picard à Paris en 1928… »
Le malheur des pastels en mauvais état est … qu’ils sont en mauvais état.
Un état de conservation irréparable est un handicap énorme, présenter un même pastel dans des ventes où des salons successifs le dévalorise considérablement.
Le prix peut être divisé par plus de 10 comme ce fut le cas de certains Perronneau.
On l’a encore vu à New York – qui n’est plus une place de choix pour les pastels - chez Christie’s en janvier, avec le portrait de Jean-Baptiste Philippe par La Tour (version la moins bonne) qui n’a pas trouvé preneur.
Cette note paraissant tardivement, voici la fin de l’histoire de ce La Tour, qui avait quand même été exposé au tricentenaire, à Versailles.
Il est revenu à Paris, à l’excellente Galerie de La Scala d’Hélène Bucaille et sera bientôt à LOF.
La société de vente ne m’a pas adressé une photo de bonne qualité du portrait présumé de madame d’Authier de Saint-Sauveur, voici celle des archives LOF
L'estimation était à 4500/5000 euros, en faible baisse par rapport à 1999.
D’après le site, il n’a pas été vendu.

Ventes janvier 2007

John_russell_portrait_de_mrs_keat_1793 (Photo Bonhams 1793 Ltd. Copyright © 2002-2007, John Russell Portrait de Mrs Keat 59.5 x 44 cm.)

Le 6 février à New Bond Str. chez Bonhams se vendra – lot 12 - une paire d’ovales de John Russell, les portraits de M. et Mme Keat, signés daté en haut à droite "J Russell Pt 1788"
Le catalogue donne pour provenance Golding-Palmer Collection, Holme Park, Sonning.
Exposé à la Royal Academy, London, Mr G. Keate no. 446.
Ces deux portraits sont magnifiques, la bouche de Madame Keat est si Russellienne qu’on y croit pas.
Et M. Keat, avec son expression de poule qui a trouvé un couteau, magistral.
On se demande ce qu’il a demandé d’exprimer à Russel quand il a commandé son portrait.
On dirait une photo juste au bon moment.
L’estimation 3000-5000 £ … pour la paire.
Correct non ?

John_russell_portrait_g_keat_1793 (Photo Bonhams 1793 Ltd. Copyright © 2002-2007, John Russell Portrait de M. G. Keat)

Tardivement voici le résultat de la vente Christie’s du 25 janvier à New York, Rockefeller Plaza.
Le La Tour lot 77 n’a pas trouvé preneur.
Le portrait du fermier général Jean-Baptiste Philippe (1689-1768) a une histoire, il était traditionnellement considéré comme le portrait de La Poupelinière par Louis Vigée.
Attribution qu’il avait encore en 1974 lors de l’exposition giscardienne « Louis XV: un moment de perfection de l'art français » no. 574.
Christine Debrie raconte p.157 comme, au hasard d’une visite en Touraine une copie du pastel, parfaitement identifié par son propriétaire.

Maurice_quentin_de_la_tour_portrait_de_j (Photo Christie’s - Maurice Quentin de La Tour, Portrait de Jean-Baptiste Philippe (1689-1768) pastel - 64 x 54 cm)

Elle rétablit donc l’identité du personnage.
L’attribution à La Tour ne fait pas de doute, il ne s’agit pas de la main de Vigée, impossible.
J’imagine que Christine Debrie avait quand même un doute sur l’attribution.
Depuis lors on sait depuis la notice de Xavier Salmon (p.108 –109 du Voleur d’âmes) qu’il existe deux versions du fermier général Philippe, celle de la collection Georges Petit, version historique … et la nouvelle « réapparue en 2000 » que X. Salmon a publié qui « contrairement » à celle-ci est en « état de conservation exceptionnel », datée 1748. B
Bien que la version de la collection Georges Petit, ait eu les grands honneurs de Versailles en 2004, no. 20 - sous sa nouvelle attribution "La Tour, Jean-Baptiste Philippe"… à 30000 $ il n’y avait pas preneur.
Y compris à Saint Quentin.
Il y avait à cette vente deux autres pastels dont un attribué à James Sharples (1751-1811) - auteur de deux portraits de George Washington (NPG)
Le portrait en question n’était pas d’une franche gaîté, mais le costume du personnage était curieux.

Portrait_au_pastel_attribu_james_sharple (Photo Christie’s – Portrait au pastel attribué à James Sharples)

Ventes décembre 2006 (1)

Charlesantoine_coypel (Photo Auguttes - Préparation d'un portarit d'enfant attribuée à C-A Coypel)

Chez Claude Aguttes à Neuilly le 12 décembre passera - lot n° 3 - un joli portrait (29 x 23,5 cm) d’enfant que l’expert Stéphane Pinta attribue à Charles-Antoine Coypel (1661-1722). Il a probablement raison.
Estimé à 2 000 / 2 500 € il s’agit d’un dessin avec une notation des lumières au pastel.
L’expert l’intitule « Portrait d'un jeune garçon » ( pourquoi pas une fille ? ).
En tout cas, c’est un portrait et non un de ces putti dont on couvrait les cieux.
Un rare travail préparatoire dans lequel Coypel montre sa qualité de dessinateur – porté sur le trait – et d’observateur.
Le cadrage en légère plongée est normal pour un enfant.
La lumière est joliment posée.
"Petites restaurations" dit la notice.
Le papier a bien l’air début XVIII°.
Joli cadeau de Noël non ?