Pastels auctionners

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    Marchand romain, bons catalogues en français, manque un moteur de recherche
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    cliquer sur le catalogue et chercher "pastelle"
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    Gros site allemand de vente en ligne
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    26 commissaires priseurs français, de très vieilles maisons. A consulter régulièrement
  • Heffel
    Ce site canadien a une option de recherche sur portrait et souvent de jolies choses
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    y aller souvent, les ventes françaises sont une mine de pastels
  • interencheres
    interencheres a une bonne présentation des résultats de recherche, un bon site
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    Sotheby's - incontournable, suivre notamment les ventes à Londres
  • Christies
    Christies, avec un bon moteur de recherche et le spécialiste Nicolas Schwed
  • auktionsverket
    Grande maison de vente à Stockholm - belles ventes XVIIIeme
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Ventes de juin 2008

Abb_gorce_2 Deuxième service : voici l’Abbé Gorse de retour.
Le 19 février 2006 à Besançon, Me J-P Renoud-Grappin estimait ce joli Perronneau "entre 20 et 25000 euros…"
j’écrivais après la vente
« Incroyable résultat pour ce Perronneau : 75000 euros »...
Perronneau serai-t-il indexé sur le prix du pétrole, où l’Abbé Gorce sur le prix du Château Margaux ?
le revoici le 11 juin 2008 chez Libert à Paris estimé 100000 / 150000 €
Amusante notice qui dit que « l'abbé mourut sans prospérité »
que nous souhaitons au vendeur, faute de postérité
Vous jugerez ci-après de la dispersion des prix des Perronneaux

Portrait_de_jakob_jacosz_boreel_jb_ (Photo Piasa - Portrait de Jakob Jacosz Boreel J-B Perronneau 1778 pastel)

Le 27 juin Piasa met en vente un ovale 74 x 60 cm du même Perronneau, pas beau, mais quand même, lot 88 : Portrait présumé de Jakob Jacosz Boreel dont la notice indique avec justesse qu’il existe diverses versions, celle-ci est la version 1778, la dernière.
L’estimation est  4 000 / 6 000 €.
Et enfin last but... le 25 chez Sotheby’s un autre Perronneau, ovale 73,2 x 57,7 cm
magnifique, signé et daté en haut à droite Perronneau / 1773.
Une merveille de la maturité avec un cadre superbe.
Estimation € 15000—20000.
Il s'agit du portrait du 6ème comte de Coventry George William Coventry.
Vous comparerez vous-même, Sotheby’s est bien dans le marché

Portrait_du_comte_george_william_de (Photo Sotheby's - Portrait du comte George William de Coventry J-B Perronneau 1778 pastel)

Perronneau est un artiste dont la recherche évolue sans cesse et qui traduit dans les portraits ses propres atermoiements esthétiques et psychologiques.
La personne représentée ne doit pas faire oublier la qualité intrinsèque
En passant, vous regarderez une huile dans cette vente Sotheby’s, le lot 66 portrait d'Alexandrine Lenormand d'Etiolles (1744-1754) jouant avec un chardonneret
Petit portrait 54 x 45,5 cm signée  f Boucher – 1749 € 60000- 80000
La petite Alexandrine est la fille de la Pompadour, jeune épouse de Lenormant d'Etiolles née en août 1744 et morte à l’age de 10 ans.
La Pompadour séduit Louis XV en 45.
Alexandrine a 5 ans sur ce portrait.
La notice (excellente) rappelle l’existence d’une version disparue au pastel dans l'inventaire après décès de madame de Pompadour.

Portrait_dalexandrine_lenormand_det (Photo Sotheby's - Portrait d'Alexandrine Lenormand d'Etiolles par Boucher 1749, hst, détail)

Emouvant portrait dans une robe de la couleur de celle de sa mère, la mort d’Alexandrine que sa mère a élevée, a été un déchirement pour la Pompadour

De digression en digression
juste un mot sur un autre portrait à l'huile, du plus haut niveau : chez Bonham’s le 9 juillet à New Bond Street vente 15948, lot 21 : le portrait de l’Abbé Jourdan 55.2 x 46.2 cm par Joseph-Siffred Duplessis (Carpentras 1725-1802 Versailles)
C’est pas un pastel, c’est pas une vente de juin, mais c’est beau.

Portrait_de_labb_jourdan_par_joseph (Photo Bonham's - magnifique portrait de l’Abbé Jourdan,  par Joseph-Siffred Duplessis - hst, détail)

N. Jeffares - Dictionary of pastellists before 1800 - reproduit page 175 un portrait au pastel du même Abbé Jourdan - chanoine de la Cathédrale Saint-Louis de Versailles - par le même Duplessis, ressemblant -  ovale 80 x 65 cm.
Pour revenir à la vente du 24 juin chez Sothebys, le lot 74 : Portrait de Madame de Saint-Huberty, née Anne-Antoinette-Cécile Clavel, cantatrice française (1756-1812) est un bel ovale 65,5 x 54 cm
Lui aussi est une huile dont il existe un pastel par Louise Vigée-Lebrun au musée municipal de Saint Germain-en-Laye.

Portrait_de_anneantoinetteccile_cla (Photo Sotheby's - Portrait d'Anne-Antoinette-Cécile Clavel, épouse Saint-Huberty, hst)

Le 25 retour chez Piasa avec le portrait de Marie-Thérèse Legendre de Villemorin, fille du fermier général que Piasa attribue à  Marie-Victoire Lemoine - pourquoi pas Antoine Vestier ? - ovale 71 x 64,5 cm.
Ce pastel datant manifestement du début de la décennie 90, elle devait avoir la quarantaine, ce qui ne ce voit pas.
En tout cas, elle aimait les coiffures périlleuses
Estimation  (optimiste) 4 000 / 6 000 €

Portrait_de_mariethrse_legendre_de_ (Photo Piasa - Portrait de Marie-Thérèse Legendre de Villemorin, pastel )

Faute de temps, le blog n'a pas commenté les deux portraits vendus chez ANAF, à Lyon le 26 mai dont celui attribué sans fondement à Joseph Vivien.
Chez Tajan, vente 8838  - Lot 90 le  26 juin 2008 ...deuxième service également, retour de la jeune fille attribuée à Jean Valade ci-contre qui était présentée lot 55 de la vente 8831 du 9 avril
Elle est toujours jolie mais personne ne l’aime
Inconnue_pastel_tajan L’estimation n’a pas changé € 2500-3000
LOF a acheté € 2000  l’autre femme inconnue de la même note chez Piasa le 10 avril dans un joli cadre d'époque
On ne peut pas résister aux jolies inconnues si elles sont à des prix abordables, mais leur chance de nous séduire diminue si elles insistent un peu hors du marché.

Pour terminer cette note trois portraits de la Galerie Alexis Bordes (merci beaucoup d’avoir autorisé leur publication sur ce blog) 19, rue Drouot - 75009 Paris ils figurent sur le catalogue en ligne.
Le premier - 69 x 56 cm - est un Liotard, qui n’est pas inédit contrairement à ce qu’écrit le catalogue, puisqu’il est reproduit par Neil Jeffares page 345, il s’agit du comte d’empire Anton von Kauniz qui est passé chez Sotheby’s (avec son épouse) en 2004
Kauniz était au cœur du renversement des alliances, à Vienne de 1749 à 1753.
Le portrait est du pur Liotard, la pose, la lumière, le fond orcre, la demi Lumière, l’expression, le catalogue remercie « Marcel Roethlisberger de nous avoir confirmé l’authenticité de notre pastel qui sera intégré dans le catalogue raisonné à paraître prochainement sur l’artiste »
Beau Liotard

Liotard_att_a_bordes_1745 (Photo Galerie Alexis Bordes Portrait d’Anton von Kauniz Liotard pastel)

Le second est le portrait présumé du duc de Choiseul attribué à Claude Hoin malgré la taille 92 x 73,5 cm qui n’est pas un gabarit de Hoin.
Si le duc de Choiseul ici représenté est Étienne-François, comte de Stainville 1719-1785, il a une quarantaine d’année, le portrait daterait donc 1755 – 1765. Or ni le costume ni l’age de Hoin ne correspondent puis que Hoin est né en 1750
Il s’agit plus probablement – la ressemblance y est - du duc Claude-Antoine Gabriel de Choiseul-Stainville (1760-1838) qui justement a vécu en Angleterre (le catalogue note l’influence anglaise, il n’y a pas de doute là-dessus)
Il fut élevé à Chanteloup par Etienne François son oncle
Rentré en France en 1801 il est nommé Pairs de France à la Restauration.

A_bordes_duc_claudeantoine_gabriel_ (Photo Galerie Alexis Bordes Portrait du duc Claude-Antoine Gabriel de Choiseul-Stainville)

Enfin un magnifique pastel 56,4 x 46 cm papier sur carton dans son cadre que la galerie attribue à François-Hubert Drouais 1727 - 1775
Le catalogue écrit « Les pastels de Drouais sont rares ». C’est vrai… surtout les hommes, bien qu’il ait été un pastelliste productif.
Il faut savoir que la tentation d’attribuer à Drouais le fils vient souvent aux experts dès que la qualité est là et qu’on est dans du Louis XV
Il y a chez Drouais une sorte d’atonie de la personne avec la lumière plate qu’on ne retrouve pas de façon typique ici, ce portrait est d’une superbe qualité, expressif, beau.
Il aurait pu être de Jean Valade
Dommage qu’il n’ai pas les mains.

Att_drouais_a_bordes (Photo Galerie Alexis Bordes Portrait attribué à François-Hubert Drouais 1727 - 1775)

Ventes d'avril 2008

Joli mois d’avril pour l’amateur de portraits au pastel du XVIII° siècle.
Jolies ventes en France notamment.
Lundi 7 avril, chez Pescheteau-Badin - Drouot salle 2 lot 6, une copie XVIIIè dans une baguette Louis XVI du portrait de Jean Monnet (1703- 1785) directeur de l’Opéra comique par Maurice Quentin de La Tour dont l’original daté 1756 est à Saint Quentin LT16.
La copie  : 58 x 47,5 cm  est de la dimension de l’original 59 x 48 cm alors que la copie de Lorient est plus grande 65 x 55 et XIX°. 
La main est moins vigoureuse et sûre que celle de La Tour, mais pour 1000 euros c’est quand même un petit plaisir pas cher.

Copie_du_portrait_de_jean_monnet_17 (Photo Pescheteau-Badin – copie XVIII° du portrait de Jean Monnet par La Tour - pastel)


Jean_monnet_1703_1785_par_la_tour(Photo RMN... l'original de Saint Quentin

Portrait_att_vestier_2008_04_drouot (Photo Thierry de Maigret – veuve qui aimait la dentelle)

Mercredi 9 avril, chez Thierry de Maigret – Drouot salle 4 lot 63, un portrait de femme ovale 53 x 44 cm décrit « entourage d’ Antoine Vestier ».
Difficile de comprendre ce qui a pu donner l’idée d’un rapprochement avec Antoine Vestier (1740 1824)... voyez plus bas
Estimation optimiste à  3000 €. (Photo Thierry de Maigret – veuve qui aimait la dentelle)

Le mercredi 9 avril toujours chez Tajan Espace Tajan vente 8831 lot 55 - très sensible portrait de jeune femme (taché) 60 x 45 cm, avec des roses et des bleus si typique de la décennie 1750.
Pourquoi vouloir l’attribuer à Jean Valade (1709-1787) - pourquoi pas d’ailleurs ?
C’est un portrait décoratif qui fera sans doute ses 2500 €

Pastel_portrait_att_jean_valade_taj (Photo Tajan – jolie femme en rose et bleu)

Lot 72 de la même vente... voici revenir sous la mention "école française du XIXe siècle, suiveur de Liotard portrait d'homme en buste pastel 57 x 47 cm 1000 € à 1500 €" un pastel que nous avons vu chez Christie’s, le 15 novembre 2006 lot 156 (avec des dimensions un peu différentes 59,1 x 48,2 cm…) sous l’intitulé « Etienne Delessart par Pierre Martin Barat 3000 - 4000 euros». – voir ma note
Naturellement, affublé de la mention XIX° et école de… le pauvre – si on peut dire – banquier Delessart va avoir du mal, même à 1000 €
C’est dommage, car le pastel est de Barat, point sur lequel nous concordons avec Neil Jeffares, et ce ne fut pas un pastelliste négligeable.

Etienne_delessart (Photo Tajan –  sale temps pour les banquiers : Etienne Delessart revient en école française XIX°…détail )

Enfin le lot 74 est une paire d’ovales 52,5 x 42,5 cm attribuée à Marie Suzanne Roslin (1734-1772) plus souvent « Madame Roslin » née Giroust.
Ici encore pourquoi ce besoin d’attribution ?
on pourrait tout autant dire qu’ils sont de son mari qui avait tendance à cadrer les tête assez haut dans les ovale, alors que son épouse était plus raisonnable.
4000 à 6000 € … c’est une paire mais enfin non signée non datée, et la dame n’a pas l’air d’un prix Nobel.

Att_madame_roslin_tajan_2008_04 (photo Tajan - paire de pastel attribuée à madame Roslin)

Jeudi 10 avril, chez Piasa, Drouot salle 9 lot 121, très beau portrait de femme avec une vielle 58 x 48 cm qui fait naturellement penser à Glain.
Joli travail 2 000 / 3 000 € est peut être un peu optimiste mais c'est beau.

Femme_pastel_piasa_2008_04
(Photo Piasa – très beau portrait au pastel d’une joueuse de vielle vers 1750)

Dans la même vente, je signale au passage un dessin rehaussé au pastel d'Antoine Vestier, (sans aucun doute : n° 122 p. 236 dans la monographie d'Anne-Marie Passez) 35 x 23 cm Magnifique. (3000 - 4000 €)

Prparation_par_antoine_vestier_pias (Photo Piasa - préparation de portrait par Antoine Vestier légèrement recadré en bas)

Vendredi 11 avril chez Jean-Marc Delvaux, Drouot salle 5 et 6 lot 92 : Ancienne collection Stern le portrait de l'abbé Jacques Delille (1738-1813) inachevé comme souvent par Joseph Ducreux (1735-1802) 50 x 43,5 cm
Annotation d'une belle écriture : « Entre Pope et Tompson, il cueillait des lauriers.
Imagination, qui charmas ses foyers,
peins lui l'amitié tendre ;
et dis lui que la mienne,
paya fidellement un souris de la sienne.
"
2e chant du poème d'Homère par Népomucène Lemercier.
L’abbé Delille n’était pas plus abbé que vous et moi.
Il traduit en 1770 les Géorgiques de Virgile ce qui lui vaut deux ans plus tard l’Académie Française, et une longue carrière littéraire à travers les horreurs de la fin du siècle, on le disait à sa le plus grand poète français.
(on trouve maintenant dans wikisource son poème « Jardins » d’un préromantisme indiscutable :
« Mais c’est peu de créer ces vastes tapis verts ;
Il en faut avec goût savoir choisir les formes.
Craignez pour eux l’ennui des cadres uniformes.
En d’insipides ronds, ou d’ennuyeux carrés,
Je ne veux point les voir tristement resserrés....
Voulez-vous mieux l’orner ? Imitez la nature.
Elle émaille les prés des plus riches couleurs.
Hâtez-vous ; vos jardins vous demandent des fleurs.
Fleurs charmantes ! par vous la nature est plus belle

La main de Ducreux se reconnaît entre mille.
La ressemblance est parfaite.
Estimation  3 000 / 4 000 € méritée.
Expositions : 1927, Paris, Musée Carnavalet, Grands Salons littéraires, n°125. 1956, Paris, Galerie de la Gazette des Beaux Arts, De Watteau à Prud'hon, n°29. Dit la notice de Piasa.

Abb_jacques_delille_par_ducreux_pas
(Photo J-M Delvaux  – Ducreux tel qu’en lui même : portrait inachevé de Jacques Delille de l’Académie Française, professeur au Collège de France)

Samedi 12 avril Drouot Salle 9 Rieunier & Associés lot 45 Marie-Françoise de L'Épée (1709 1763) par Perronneau (1715 1783) avec un cadre magnifique 56,8 x 47,8 cm signé un seul « n » et daté BG : « Perroneau. / pinx. 1748 »
Déchirure dans la manche gauche, restaurations
Ce portrait est assorti d’une importante et élogieuse notice de Mme Dominique d'Arnoult qui préparerait  actuellement le catalogue raisonné de l’œuvre de Jean-Baptiste Perronneau – qui fait cruellement défaut.
Il s’agit du portrait n° 100 du Salon de 1748 « Mademoiselle de L'Épée la jeune, en habit couleur de rose », fille de Charles-François Lespée et sœur de l’inventeur du langage des sourds muets Charles-Michel Lespée.
Dominique d'Arnoult trouve qu'il ressemble à sa sœur de façon frappante.
La dame est joviale, mais l’estimation : 40000 /50000  € me paraît astronomique pour un Perronneau de la maturité qui n’est pas en état optimal.
On voit bien qu’il n’avait pas l’habileté de ses confrères à faire oublier les disgrâces, Marie-Françoise en question exhibe un adipeux double menton bien mis en valeur, le choix d’un pli injustifié de la robe laisse augurer un ventre en proportion, bref Perronneau tel qu’en lui même.

Mariefranoise_de_lespe_par_perronea (Photo Rieunier - Marie-Françoise de Lespée par Perroneau  1748)

Le 23 avril chez bonhams Knightsbridge - Sale 15741 - Old Master Paintings and Drawings lot 235
Pierre Allais (1700-1782) Portrait of a gentleman, in a salmon coat with a pale green brocaded waistcoat and a lace jabot 61 x 49,2 cm.
Le pastel (sur papier) est signé et daté CG « Allais/ 1759 »
Il est estimé 2600  3800 € ce qui est raisonnable pour ce portrait au visage soigné et avec une main bien faite qui plus est.

Portrait_au_pastel_par_pierre_allai (Photo Bonhams – Portrait au pastel par Pierre Allais 1759)

Le même jour chez Bonhams USA New York et San Francisco Sale 16018 - European Paintings les extraordinaires lots 48   et 49  qui sont bien des grands (81.3 x 64.8cm chacun) pastels d’après Jean Marc Nattier et Jean-Baptiste Perronneau.
Ce sont des pièce d’un travail gigantesque à des prix corrects $4000 – 6000 même pour des copies approximatives qui proviennent des collections de George Jay Gould NY)

Grande_copie_au_pastel_daprs_perron (Photo Bonhams USA – Grande copie au pastel d’après Perronneau La Pompadour …)

Copie_au_pastel_daprs_nattier_marie (Photo Bonhams USA – Grande copie au pastel d’après Nattier  Marie-Louise-Thérèse-Victoire de France …)

Le 24 toujours à Bordeaux chez Jean Dit Cazaux-Sahuquet-Royère, lot 55, un Bréa (1739-1820) signé BG daté 1766 62 x 51cm
Un note de ce blog décrit les problèmes de mains propre à cet académicien Saint Luc
Le pastel mis en vente exprime toutes les singularités de Charles Paul Jérome de Brea, bien reconnaissable, le personnage est présenté dans un œil de bœuf.
L’estimation 1000 1200 € est correcte car les Bréa ne valent rien.

Bra_1766 (Photo interencheres.com - homme au pastel par Bréa 1766)

L'actualité d'avril n'étant pas épuisée par cette note une seconde va suivre.

Ventes février 2008

Copie_portrait_louis_xv (Photo Bonham’s – gentleman en armure et cape bordée d’hermine)

Tout à fait amusantes les notices britanniques des ventes de février
Bonhams vend une copie maladroite du portrait de Louis XV du Louvre par La Tour, le 19 février vente 15770 (lot 298 ) sous la mention :
”French School, 19th Century, Portrait of a gentleman, bust length, wearing armour and an ermine trimmed cloak - pastel - 65 x 55cm Estimate: £600 – 80”
Effectivement très gentleman ce roi de France.

E_dantan_copie_abb_huber_la_tour (Photo Christie's - copie du portrait de l'abbé Huber par E. Dantan)

Christie’s vend le 30 janvier à Paris (lot 63) une copie signée du portrait de l’abbé Huber par La Tour sous l'intitulé : "Homme lisant aux chandelles école française du XIXeme siècle Estimate 600 - 800 Euros, signé en bas à gauche 'E. DANTAN' pastel 83 x 102 cm."
Edouard Joseph Dantan (Paris 1848 Villerville, 1897) est un artiste qui connu une vraie gloire de son vivant, sa copie du La Tour est bien faite quoique moins estompée – c’est là qu’on voit que La Tour c’est autre chose.
Le format est aussi grand que l'original, rien que comme Dantan et pour ce prix, c'est un plaisir qui se regarde.
Chez Mercier & Cie 59000 Lille, le 10 février 2008 lot n° 314 : Curieux pastel sur soie signé en bas à droite et daté 1773 « Lemoyne » l’orthographe peut tromper.
Il ne peut s’agir de François Lemoyne qui est mort en 1737, mais d’un des nombreux Lemoine de deuxième moitié du siècle.
Un pastel sur soie est difficile à restaurer, la trace de mouillure ne partira pas.

Ventes de janvier 2008

Hippolyte_la_clairon_par_quentin__2 (Photo Christies - La Clairon par ??? )

A New-York pour la traditionnelle les ventes de fin janvier qui n’a pas toujours porté chance aux pastels.
Christies ouvre le feu le 24, avec le lot 95, un portrait « présumé de La Clairon » (45.8 x 37.1 cm) que le catalogue attribue à Adélaïde Labille-Guiard (Paris 1749-†1803)
Naturellement, il y a un problème de dates puisque Claire-Josèphe Léris-Hippolyte Legris de Latude, dite Mademoiselle Clairon était née en 1723 (-†1803)
Elle avait donc 46 ans - n’était pas en bonne santé et avait quitté Paris depuis 4 ans - quand Adelaide Labille en avait 20.
Christies écrit "The present portrait is especially close to another portrait of an actress as Cleopatra who has sometimes been identified as Adrienne Lecouvreur and was exhibited at the Salon de la Correspondance in 1782 (Jeffares, op. cit., p. 273, ill.), and L'Heureuse surprise now at the Getty Museum (op. cit., p. 273, illus.)".
L’argument est imaginatif, car il ne s’agit pas de la même personne, ce portrait n’a rien à voir avec les élans préromantiques d’Adélaide.
C’est une magnifique et précise expression retenue.
C’est un portrait pur et dur.
On pense naturellement à La Tour qui a fait un portrait de la Clairon en buste (voir son testament).
Latour a dessiné beaucoup d’expressions d’actrices, et le pastel est très proche de sa main entre 1741 et 1745.
Nous possédons une iconographie de la Clairon qui la représente souvent avec la couronne de laurier.
Elle avait effectivement une bouche assez marquée, pas très large, mise en volume par un philtrum visible, le nez qui descend un peu bas, le haut du front bombé et surtout des beaux grands yeux saillants.
Tous ces détails, La Tour les voit, les analyse, les met en valeur où les atténue avec son métier.
On dirait que la bouche va s’ouvrir
Espérons que la Comédie Française va l’acheter, il est très probable que c’est le La Tour.
C’est un travail magistral, l’expression est vivante, comme La Tour, il n’a que lui pour renverser ainsi les yeux.
L’estimation est $12 à 18000...  ce pastel est connu des marchands.

Elisabethlouise_vige_le_brun_mari_2 (Photo Copyright © 2007 Sotheby's Elisabeth-Louise Vigée Le Brun portrait de Marie-Rose Savalette de Lange de Sanlot)

Chez Sotheby's le lendemain le lot 361, un joli ovale 73x 58 cm d’Elisabeth-Louise Vigée Le Brun (1755 – †1842) signé daté Mlle Vigée/1776
Il porte la mention Made Savalete Sanlot.
Le catalogue indique que Viguée Le Brun avait également fait le portrait de son père et de son frère.
Marie-Rose Savalette de Lange (1745 ( ?) Perpignan - †11 janvier 1812 Paris) épouse en 1775 (?) le fermier général Etienne-René-Aignan de Sanlot ((1730-†1811)
Elisabeth Vigée avait 21 ans quand elle fait ce portrait, agréablement frais, elle montre une jeune femme sans bijoux avec le nez un peu tordu, joli portrait
L’estimation est $ 80000/120000 ce qui est dans le marché pour Elisabeth Vigée Le Brun

Peter_adolf_hall_portrait_louisejea (Photo Sotheby’s - Peter Adolf Hall portrait Louise-Jeanne Caulet (Collet) d'Hauteville Du Pont)

Le 25 toujours chez Sotheby’s la magnifique vente des dessins de Jeffrey E. Horvitz.
Vraiment si vous voulez voir des gens qui savaient dessiner, à ne pas manquer.
Le catalogue est beau.
Le lendemain lot 209, un joli petit (29,7 x 23,7 cm) portrait signé (Hal? / 1774) – qui n’est pas un pastel - mais que je signale pour sa délicatesse, c’est en vérité tout le savoir-faire du XVIII°.
La lettre qu’elle ouvre porte la mention «d’Avignon... à l'Ecole militaire», et son nom bien lisible : Madame Du Pont.
La notice indique qu’une bibliographie figure au dos : ” Louise-Jeanne Caulet (parfois Collet) d'Hauteville, † 12 February 1803, était l’épouse de Gaetan Lambert Du Pont, Conseillieur d'Etat, Intendant de l'Ecole militaire, † 1782, en son hotel, rue culture Ste Catherine No 7".
Au centre du bracelet une miniature avec un portrait d’homme tourné pour qu'elle le regarde.
La notice de Sotheby’s est curieusement hésitante sur Hall (que Sotheby’s lit « Halb » et écrit "The artist 'Halb' is unknown, however a painter, François Halbou, is recorded as being active in Paris in 1774, and possibly the signature is an abbreviation of his name) alors qu’il ne faut pas s’interroger sur la main de Peter Adolf Hall (1739- † 1793);
Il était académicien depuis 5 ans, pastelliste, portraitiste et miniaturiste.
On reconnaît ici sa manière.
Lors de son passage chez Siboni-Mabille Vankemmel à Sceaux en 1995 il avait été correctement attribué et avait fait 22500 francs (dit N. Jeffares page 219).
Il est estimé rien 1700 à 2400 euros soit la moitié…

Louis_vige_portrait_adrienlouis_de_ (Photo Olivier Doutrebente : Louis Vigée – portrait au pastel d’Adrien-Louis de Bonnières, comte de Souastre, duc de Guines)

Pendant qu’on vendra un portrait par la fille le 24 janvier 2008 à Courbevoie chez Philippe Rouillac un joli portrait par le pére - Louis Vigée (1715- † 1767).
Il s’agit du portrait (64 x 52 cm) d’Adrien-Louis de Bonnières, comte de Souastre, duc de Guines (1735- † 1801) daté signé 1765, époque où il terminait sa carrière militaire
Le duc de Guines est connu comme un courtisan accompli
C'est un clasique Louis Vigée avec sa distance toujours assez impersonnelle.
Les 6 000/ 8 000 € sont optimistes pour un Louis Vigée, même si le cadre est beau.
28 01 2008 : il a fait 5000 € ce qui est bien dans le marché.

Ventes d’automne 2007

Mercier_claude_selfportrait_1759 (Photo R. Millet – Autoportrait de Claude Mercier 1759, Pastel, détail du visage)

Le marché se tient bien.
Les prix dépassent les estimations, de façon pas toujours justifiée.
Le lot 60 de la vente du 4 septembre à Amsterdam chez Sotheby’s - a portrait of a nobleman, wearing a grey coat and blue vest with white lace collar, writing a contract - german school, circa 1762 - pastel de 57 x 42,5 cm a été vendu 2125 euros il était estimé 500 à 700.
L’estimation était faible mais dans le marché actuel, pour un portrait laborieux, les matières uniformément mal rendues.
Mais il faut croire que son côté décoratif du gris mode, son excellent état ont retenu l’attention.

Pastel_amsterdam_04_09_2007 (Photo Sotheny’s – Portrait d’homme pastel Amsterdam 4 septembre)

Le 26 novembre chez Me Pescheteau – Badin un auto portrait de Claude Mercier (44,5 x 36 cm) signé/daté Mercier / pinxit 1759…estimé 3000 euros par l’expert René Millet fait 7000 euros.
C’est un prix élevé dans le marché actuel pour un pastel de petite dimension.
Longtemps confondu Charlotte Mercier (1738 -1762), Claude Mercier (vers 1740- ????) est un pastelliste dont on ne qu’une connait que 5 pastels identifiés,
il ne semble pas avoir été actif longtemps (à Paris entre 1752 et 1758) c’est tout ce qu’on sait de lui actuellement.

Claude_mercier_autoportrait_1759 (Photo R. Millet – Autoportrait de Claude Mercier 1759, Pastel)

N. Jeffares a largement contribué à clarifier le sujet (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 378.)
Neil donne la reproduction de l’autoportrait, qui était passé à Drouot, n° 53 le 14 septembre 1961, justement attribué faussement à Charlotte Mercier.
Ce portrait n’est pas en parfait état (usures, petites tâches...), son cadre était beau.
Claude Mercier démontre ici d’excellentes qualités, la mise en page est correcte, le travail de la peau, les cheveux sont magnifiques et ce petit reflet rouge vif sur les boutons d’argent, c’est un bon artiste.
L’autoportrait n’est pas facile, car il faut éviter de faire l’air absent qu’on a quand on se regarde dans une glace.
Il apparaît également que Claude Mercier avait en 59 moins de vingt ans, ce visage est jeune, et déjà la technique est excellente.
Bref, il aurait été bienvenu dans la collection LOF.
Dommage.

Mercier_claude_1759_dtail (Photo R. Millet – Autoportrait de Claude Mercier 1759, détail de la veste et signature)

Ventes Juillet 2007 - Christies

Rosalba_cariera_christies_londres_0 (Photo Christies – Tristesse par Rosalba Cariera)
Le 3 juillet, Christies met en vente à King Str. deux Rosalba :
le lot 57 (43 x 34.7 cm) est rapproché du n° 210 de B. Sani, pl 184.
Il provient d’un proche du Conte Pio de Persico.
L’estimation entre £12 18000
Très jolie chose que cette jeune femme qui tient un mouchoir dont on perçoit le regard proche des larmes « olhos bolidos »…
Est-ce un portrait ?
nous ne le saurons sans doute jamais, mais c’est quand même une vraie italienne que Rosalba…
Et le 58 « Portrait de Caterina Sagredo Barbarigo» (43,7 x 33,7 cm) même provenance,
proche de celui de Dresdes (B. Sani no° 343, pl. 301) et est une copie.
(manque de sensualité, décolleté pas dans le genre de la Rosalba avec le sacrifice barbare d'un rang de perle, bouche laborieuse, nez chirurchical... etc.)
L’estimation prudente £ 6 – 8000 est largement justifiée

Caterina_sagredo_barbarigo_rosalba_ (Photo Christies - Portrait de Caterina Sagredo Barbarigo)

Ecrit le 11 juillet :
Bilan de la vente ... le lot 58 (la copie, tout ce qu'il y a de médiocre) a trouvé preneur à 26400 frais compris,
alors que le lot 57 (le bon, de lamain de la Rosalba) est parti à 20400 frais compris.
Comme dit un marchand présent dans la salle, on vend de la déco...

Ventes Juillet - 1 Sotheby's

Jj_rousseau_de_la_tour_1753 (Photo Sothby's - Jean-Jacques Rousseau par La Tour au pastel)

Sotheby’s met en vente le 4 juillet à New Bond Street - lot 86 - le portrait au pastel de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) de la collection du banquier Delessert, par Maurice-Quentin De La Tour.
La provenance est donnée au catalogue “Given to Rousseau by La Tour before 16 December 1764; probably given by Rousseau to Mme. Delessert, née Madeleine-Catherine Boy de La Tour (Neuchatel 1747- 1816 Rousseau en avait fait la connaissance en 1762, elle épouse Etienne Gabriel Delessert en 1766),
daughter of Rousseau's friend Mme. Boy de La Tour-Roguin, in 1776; by descent to her daughter, Marguerite-Madeleine, Mme. J.-A. Gautier; to her daughter Sophie, Mme. François-Marie Delessert; 1868, to her daughter, Baronne Bartholdi, her estate sale,
Paris 13 May 1911, lot 5, bought by Marius Paulme, his sale,
Paris, Georges Petit, 13 May 1929, lot 120 to Martinet of Geneva
)
La Tour avait fait plusieurs versions du portrait de Jean-Jacques.
Ce portrait est largement documenté, la version de Saint Quentin est quasiment identique mais plus petite (45x35,5 cm), celui-ci fait 52,3x37,4 cm.
La lumière sur le menton est plus ici plus vive, sinon on voit l’exactitude de la main de La Tour qui a fait le même travail, avec les mêmes précisions, des sourcils jusqu’aux plis du vêtement, incroyable maîtrise…
Diderot avait eu la dent dure avec ce portrait il dit qu’il s’attendait à voir "Epictète en habit négligé, en perruque ébouriffée, effrayant, …je n’y vois que l’auteur du Devin du Village, bien habillé, bien peigné, bien poudré, ridiculement assis sur une chaise de paille… » dans son Essai sur la peinture.
Rousseau considèrait que c'était le meilleur potrait de lui
La Tour aimait beaucoup ce portrait, il en avait conservé une version
on le comprend.
L’estimation est à £ 120-160000
Inutile de dire qu’il s’agit d’une pièce magistrale, de tout premier ordre.
11/07 Le portrait de Rousseau sera désormais (pour £ 120000 hors frais) au Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency (heures de visite sur ce lien), c'était la meilleure chose qui pouvait lui arriver.
Lire la bréve de La Tribune de l'Art en suite de note.

La_tour_paradis_de_moncrif (Photo Sothdeby's ... François-Augustin Paradis de Moncrif)

Suivra, lot 137, le portrait que Sotheby’s dit de François-Augustin Paradis de Moncrif (1687-1770) qui n’a pas trouvé preneur le 26 janvier à New York lot 352.
J’avais émis des doutes sur la personne représentée ici par La Tour
C’est un pastel de taille moyenne 43.5 x 45.1...
Il est annoncé à £ 8000-12000 (N-Y on parlait de $25000-35000)
La notice est prudente « This fine pastel is the only known surviving version of La Tour's portrait, the composition of which is recorded in a painted copy at Versailles, inscribed with the sitter's name and dated 1733. .. According to Besnard, a pastel portrait of Moncrif was exhibited at the Salon in 1748, no. 83 (loc. cit.)…”
Effectivement, le n° 87 de ce salon était celui de l’académicien
Un pastel qui passe deux fois de suite en vente la même année… bonne chance.
11/07 effectivement, invendu.

Rosalba_maria_amalia_dautriche (Photo Sotheby's - l'impératrice Marie Amélie)

Le lot 157 est un magnifique Rosalba : le portrait de l’impératrice Amalia - Maria épouse de Karl Albrecht VII de Bavière Princesse d’Autriche (64.5 x 50.0 cm)
Jospeh 1er épousa en 1699 Amalia Wilhelmine von Braunschweig-Lüneburg (1673-1742), ils eurent deux filles Maria Josefa (1699-1757) et Amalia Maria (1701-1756)
La notice renvoie au portrait référencé 262, fig. 229 chez B. Sani (Rosalba Carriera) qui en discute l’identité – le catalogue remercie le Dr. Gerhard Immler, directeur des archives bavaroises et M. Andreas von Majewski, directeur de l’inventaire d’avoir confirmé l’identification de l’impératrice Marie Amalia.
Effectivement il y a une ressemblance avec le 262 (qui est un ovale)
Il existe d’autres portraits d’Amélie, à Dresdes, à Monaco, ce qui me semble curieux est que sur celui-ci elle porte exactement les mêmes bijoux, la même cape etc. que le 263 qui est un désigné portrait d’Elisabetta (?) d’Autriche.
Ce 263 est passé de la collection de Dresdes en main privée ne ressemble pas au portrait mis en vente.
Il se pourrait donc bien que le 263 soit une copie du pastel mis en vente à Londres, dont la main est bien de Rosalba.
La datation est à coup sûr antérieure à 1755, ce que confirme l’age de Marie Amélie sur le portrait (£ 50 à 70000)
11/07 : L'Impératrice n'a pas trouvé preneur

Giuseppe_parini_par_giuseppe_pietro (Photo Sotheby's - Giuseppe Parini par Giuseppe Pietro Mazzola)

Un portrait de Giuseppe Parini par Giuseppe Pietro Mazzola (1748-1838) est passé chez Sotheby’s Milan le 26 juin (lot 106).
Il s’agit d’une réplique de celui du Musée de Come (Musei Civici di Como, inv. n° 209) daté 1793.
On ne peut pas se tromper sur l’indentification.

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Ventes de juin 2007 (1)

Chez Me Philippe Rouillac à Cheverny, le 11 juin, lot 80 : « Portrait de Watteau dit Portrait à la chaise » par Rosalba Carriera (Venise 1675 - 1757) - 33 x 25 cm, bande de papier rajoutée en bas « usures et piqûres »

Attribu_rosalba_pas_antoine_watteau (Photo P. Rouillac - « Portrait de Watteau dit Portrait à la chaise »)

Le 143 du catalogue Rosalba de B. Sani, c’est-à-dire au rittrato de Antoine Watteau (26.5x22.9 cm) du Frankfurter Städelsches Kunstinstitut est une copie de ce pastel.
Oui.
Est-ce un Portrait ? une préparation tout au plus.
Est-ce de Rosalba ?
Est-ce Watteau ?
Pour une estimation 60 à 80 000 €, on peut se poser la question

Faux_watteau_copie_de_francfort_att (Photo Institut d’art de Francfort – « Portrait d’Antoine Watteau », on voit qu’il s’agit d’une copie, la pose est identique mais inexplicable en l'absence de torse et de chaise – photo de photo couleur incertaine)

Au dos du dessin, une notice, d’une belle calligraphie donne des extraits de la vie de Watteau suivie de « Peint par la Rosalba »
En 1770 lors de la vente de la collection d’Ange Laurent de La Live de Jully (1725-1779) – première indication de provenance, 50 ans après la date présumée du portrait - la Rosalba jouissait d’une grande renommée, elle était une pastelliste collectionnée, alors que Watteau n’était plus connu que d’une toute petite minorité.
Une attribution à Rosalba était facile et flatteuse.
Les préparations répétées ne sont pas dans le mode de travail de Rosalba qui ne fait pas de poses originales.
Un portrait en plongée avec torse vu de profil et tête à 30°, chose très rare, ne peut pas être d’elle.
Elle cadre à hauteur, on le voit bien à Dresdes.
La boite à pastels de la vénitienne est différente des ocres et des gris de ce dessin, on ne voit pas ses manières comme les lumières irréelles derrière la tête, le cou et la cravate éclairée (voir le portrait d'Anton Maria Zanetti de Stockholm).

Biographie_antoine_watteau (Photo P. Rouillac - biographie de Watteau au dos du pastel, suivie de la mention « peint par la Rosalba »)

Watteau avait 36 ans quand Rosalba l’a rencontré et a fait son portrait, un an avant sa mort de la tuberculose, c’était un homme amaigri « d'une faible constitution… sa santé délicate ou pour mieux dire sa foiblesse… d'un abord froid et embarrassé » (voir les notes de frères Goncourts) qui ne cachait pas son age.
Le portrait qu’elle a fait d’A. Watteau du Museo Civico Luigi Bailo de Trevise (55 x 43 cm) comme celui gravé par Lépicié, le montrent la joue creuse, le cerne sombre, maigre et le visage long.
Dans ces conditions, il fallut à J. Cailleux en 1969 des trésors d’imagination et d’autopersuasion (ce serait une wattisation imaginaire du souvenir de Watteau, par la Rosalba… en vacances, le soir et de la main gauche pendant une crise d'Elsheimer précoce…) pour revoir Watteau aux portes du tombeau dans cet adolescent, aux bonnes joues, au léger strabisme torsionnel divergent.

Antoine_watteau_trevise (Photo Musée Louis Bailo, Trévise - Portrait d’Antoine de Watteau, par Rosalba, gros plan recadré)

La notice de la vente dit « bien que Rosalba Carriera ne soit pas réputée pour son art de la ressemblance… »…
Faut pas pousser
Rosalba travaille vite et ne soigne pas toujours le détail, mais si ses portraits n'avaient pas été ressemblants, on le saurait
Elle a connu un énorme succès, elle a été sollicitée par une vaste clientèle de gens exigeants qui ont parfois parcouru des milliers de km pour se faire tirer le portrait.
Il existe non loin de LOF un gros village qui s’appelle Vila Nova de Milfontes (Ville nouvelle aux mille sources), dont on dit ici qu’il est « le pays des 3 mensonges » : ça n’est pas une ville, elle n’est pas nouvelle, il n’y a pas de source.

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Vente de mars 2007

La_tou_madame_dauthier_de_saintsauv (Photo LOF - Madame d’Authier de Saint-Sauveur par La Tour)

Le La Tour (car c’est est un) qui est passé chez Le Roux Morel le 28 mars – lot 46 – est un pastel qui cherche son acheteur depuis quelques années.
Il n’est pas en bon état.
Voici la courte notice faite par Mes Le Roux et Morel lors de la vente du même pastel le 22 novembre 1999 où je me souviens d’un état médiocre.
« Portrait présumé de madame d’Authier de Saint-Sauveur », pastel, 59.5 x 48 cm Provenance Château de Saint Michel dans l’Yonne. La position du modèle est à rapprocher du Portrait de Mlle de la Fontaine Solare dans la collection Arthur Veil Picard à Paris en 1928… »
Le malheur des pastels en mauvais état est … qu’ils sont en mauvais état.
Un état de conservation irréparable est un handicap énorme, présenter un même pastel dans des ventes où des salons successifs le dévalorise considérablement.
Le prix peut être divisé par plus de 10 comme ce fut le cas de certains Perronneau.
On l’a encore vu à New York – qui n’est plus une place de choix pour les pastels - chez Christie’s en janvier, avec le portrait de Jean-Baptiste Philippe par La Tour (version la moins bonne) qui n’a pas trouvé preneur.
Cette note paraissant tardivement, voici la fin de l’histoire de ce La Tour, qui avait quand même été exposé au tricentenaire, à Versailles.
Il est revenu à Paris, à l’excellente Galerie de La Scala d’Hélène Bucaille et sera bientôt à LOF.
La société de vente ne m’a pas adressé une photo de bonne qualité du portrait présumé de madame d’Authier de Saint-Sauveur, voici celle des archives LOF
L'estimation était à 4500/5000 euros, en faible baisse par rapport à 1999.
D’après le site, il n’a pas été vendu.

Ventes janvier 2007

John_russell_portrait_de_mrs_keat_1793 (Photo Bonhams 1793 Ltd. Copyright © 2002-2007, John Russell Portrait de Mrs Keat 59.5 x 44 cm.)

Le 6 février à New Bond Str. chez Bonhams se vendra – lot 12 - une paire d’ovales de John Russell, les portraits de M. et Mme Keat, signés daté en haut à droite "J Russell Pt 1788"
Le catalogue donne pour provenance Golding-Palmer Collection, Holme Park, Sonning.
Exposé à la Royal Academy, London, Mr G. Keate no. 446.
Ces deux portraits sont magnifiques, la bouche de Madame Keat est si Russellienne qu’on y croit pas.
Et M. Keat, avec son expression de poule qui a trouvé un couteau, magistral.
On se demande ce qu’il a demandé d’exprimer à Russel quand il a commandé son portrait.
On dirait une photo juste au bon moment.
L’estimation 3000-5000 £ … pour la paire.
Correct non ?

John_russell_portrait_g_keat_1793 (Photo Bonhams 1793 Ltd. Copyright © 2002-2007, John Russell Portrait de M. G. Keat)

Tardivement voici le résultat de la vente Christie’s du 25 janvier à New York, Rockefeller Plaza.
Le La Tour lot 77 n’a pas trouvé preneur.
Le portrait du fermier général Jean-Baptiste Philippe (1689-1768) a une histoire, il était traditionnellement considéré comme le portrait de La Poupelinière par Louis Vigée.
Attribution qu’il avait encore en 1974 lors de l’exposition giscardienne « Louis XV: un moment de perfection de l'art français » no. 574.
Christine Debrie raconte p.157 comme, au hasard d’une visite en Touraine une copie du pastel, parfaitement identifié par son propriétaire.

Maurice_quentin_de_la_tour_portrait_de_j (Photo Christie’s - Maurice Quentin de La Tour, Portrait de Jean-Baptiste Philippe (1689-1768) pastel - 64 x 54 cm)

Elle rétablit donc l’identité du personnage.
L’attribution à La Tour ne fait pas de doute, il ne s’agit pas de la main de Vigée, impossible.
J’imagine que Christine Debrie avait quand même un doute sur l’attribution.
Depuis lors on sait depuis la notice de Xavier Salmon (p.108 –109 du Voleur d’âmes) qu’il existe deux versions du fermier général Philippe, celle de la collection Georges Petit, version historique … et la nouvelle « réapparue en 2000 » que X. Salmon a publié qui « contrairement » à celle-ci est en « état de conservation exceptionnel », datée 1748. B
Bien que la version de la collection Georges Petit, ait eu les grands honneurs de Versailles en 2004, no. 20 - sous sa nouvelle attribution "La Tour, Jean-Baptiste Philippe"… à 30000 $ il n’y avait pas preneur.
Y compris à Saint Quentin.
Il y avait à cette vente deux autres pastels dont un attribué à James Sharples (1751-1811) - auteur de deux portraits de George Washington (NPG)
Le portrait en question n’était pas d’une franche gaîté, mais le costume du personnage était curieux.

Portrait_au_pastel_attribu_james_sharple (Photo Christie’s – Portrait au pastel attribué à James Sharples)