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Eclaircir les nèfles du Japon

Eriobotrya_japonica_champagne_nflie (Photo LOF - Nèfle du Japon « Champagne »)

Cette année les néfliers du Japon - eriobotrya japonica - sont couverts de fruits
Ils fructifient bien les hivers doux.
Ils fructifient beaucoup les hivers doux et sans vent. 
Il faut absolument les éclaircir si on veut des bibaces charnues et sucrées.
La nouaison est  sensible au froid, il faut donc les éclaircir quand le fruit est formé.
En ce moment (mi mars) dans le sud Portugais.
Selon les arbres, l’éclaircissage va d’un fruit sur deux à 4 fruits sur 5.
On conserve des fruits de différentes tailles pour étaler la cueillette dans le temps.
Je parle bien entendu pour un verger domestique où l’éclaircissage et la cueillette se font d’une main gourmande.

Quand récolter les bananes ?

Banana_ice_cream_banane (Photo LOF, ce qui est bien avec les bananes, c’est qu’on peut en offrir…)

On cueille les bananes vertes quand elles sont arrivées à un stade de maturité où elles ne grossissent plus.
Le délai entre la sortie de la fleur et le stade ultime de croissance est variable selon les variétés et le climat.
Quand le régime est formé et ne fait plus de nouvelles mains, on coupe la fleur (l’extrémité en forme de fuseau rouge).
A partir de ce stade, il faut en général 2 mois pour que le fruit soit bon à mûrir.
Les producteurs professionnels étiquettent les régimes afin de les dater.
Dans un verger d’amateur, on diversifie les variétés, l’observation sert de méthode.
On voit bien si les mains du haut - qui croissent les premières - sont bien pleines où non : les arrêtes arrondies, la taille du fruit est atteinte, les fruits sont bien dressés, le vert devient plus clair.
Certains disent qu’il faut attendre la pleine lune pour avoir des fruits goûteux.
De toute façon, dans l’incertitude on n’est pas obligé de couper tout le régime, mais on détache seulement une main qu’on fait mûrir à la cuisine avec d’autres fruits mûrs.
On fait mûrir main par main en descendant le long du régime.

Dwarf_cavendish (Photo LOF – Cavendish naines, les bananes de LOF viennent de voisins souvent des immigrés capverdiens et de Tropicaflore ou Patrick Klein propose une des plus belles collections de bananiers viviers disponible en Europe )

Tout le monde dit qu’il est préférable de contrôler la maturation, les bananes ne mûrissent sans problème sur l’arbre qu’en zone tropicale, mais sont dans ce cas automatiquement mangées par les singes.
Le mûrissement industriel est déclenché par mise en température > 15° et sous ambiance d’éthylène
Les amateurs préfèrent laisser mûrir à la cuisine à côté d’autres bananes mûres, ils affirment que la saveur est meilleure
Quand le régime a été récolté, on coupe le pied de banane à un mètre, car il ne produira plus.
Il faut utiliser une hache bien coupante, la hachette 600 de chez Fiskars va bien pour toutes ces opérations.

Banana_leave_feuille_banannier (Photo LOF – les bananes, ça fait du mulch…)

Bouturage de l’artichaut

Artichoke_alcachofra_artichaut_ille (Photo LOF – œilletons d’artichaut)

Dans le sud le bouturage de l’artichaut se fait début octobre :
on prélève des œilletons qui partent de la racine des pieds en place.
Columelle, qui vivait en Andalousie non loin d’ici, dit qu’on oeilletonne à l’équinoxe d’automne.
Cette opération de fait au fer de bêche, il faut prendre garde de ne pas abîmer la racine mère en prélevant le minimum.
On prélève les œilletons dès qu’ils ont 4 ou 5 feuilles, il commencent à former leurs propres racines.

Artichoke_alcachofra_artichaut (Photo LOF – œilleton en formation)

Comment ne pas penser, en manipulant ces oeilletons qu’ils ont pu, à l’origine, être la partie consommée de l’artichaut ? - il s’en vendrait encore en Espagne au printemps.
Comment résister à mettre quelques œilletons dans des pots qu’on donnera aux visiteurs ?
C’est dans nos jardins ibérico-mauresques que les Arabes nous ont conservé l’artichaut, hérité des romains, durant le moyen age où partout ailleurs on ne savait plus le cultiver, c’est de là qu’il est reparti vers l’Italie à la renaissance, long voyage par saut d’œilletons.
Et curieusement, le sud portugais de nos jours l’a oublié.

Alcachofra_artichoke_artichaut (Photo LOF – artichaut d’automne)

Greffe en écusson (sur pistachier)

La greffe en écusson est une greffe facile l’été, à œil dormant, c’est la greffe des rosiers.
Elle consiste à incérer un œil prélevé sur un rameau de l’année dans une entaille en "T" faite sur le porte-greffe (un franc pour le pistachier).
Nous tentons avec cette technique de greffe du pistachier car elle n’est pas agressive.
Ces arbres n’ont pas une fécondation facile.
Ibn Al Awam préconise de greffer le pistachier « la femelle sur la male et le male sur la femelle » et ne signale aucune difficulté pour cette greffe.
Ahmed Oukabli dans le bulletin de liaison du PNTTA du ministère de l’Agriculture du Maroc donne la greffe en écusson sur franc de 2 ans à réaliser en juin, mais nos pieds mère étaient encore peu vigoureux, nous avons décidé de greffer en août quand les nuits sont plus fraîches.
On dit que le pistachier ne cicatrise pas bien, c’est l’occasion d’utiliser un bon truc de greffeur : le ruban caoutchouc autofusionnant (self-fusing tape ) qui est normalement utilisé en automobile ou en plomberie pour boucher les fuites.
C’est un produit pratique pour la greffe, il est normalement aseptique, on ne se salit pas les mains, et on n’y touche plus, il se déchirera tout seul quand le greffon se développe, il est inutile de le défaire, donc de surveiller les greffes.
Bruno dit qu'il faut s'en méfier à cause de sa couleur noire, qui dans les pays de grand soleil échauffe l'arbre, à la différence du raphia, il faut donc limiter l'usage de ce ruban de caoutchouc aux périodes moins ensoleillées.
Le pétiole tombe après dessèchement.
On vérifie que l'oeil n'est ni noir ni sec.
Les échecs sont rares.

Il_dormant_femelle_de_pistachier (Photo LOF 1 - sélectionner un œil bien constitué, comme on le voit il adhère à pétiole qu’on va conserver)

Cusson_en_forme_dcu_dcorce_au_milie (Photo LOF 2 - lever avec un greffoir bien affûté et désinfecté un bande d’écorce en passant bien sous l’œil)

Dgager_la_partie_ligneuse (Photo LOF 3 - enlever les restes de partie ligneuse, il ne faut conserver que l’écorce propre)

Loeil_vu_sous_lcorse (Photo LOF 4 - on voit sous l’écorce la partie des cellules de l’œil, plus claire, elles seront en contact avec le porte greffe)

Dessiner_un_cusson_propre (Photo LOF 5a - ébarber l’écusson en forme d’écu )

Finition_de_l_ecusson (Photo LOF 5b - finir proprement l’écusson)

Cusson_bien_fini (Photo LOF 6 - écusson bien fini)

Dsinfecter_lcusson (Photo LOF 7 – méthode artisanale de désinfection de l’écusson pendant qu’on ouvre le porte-greffe, et hormones de bouturage gratuites )

Incision_longitudinale (Photo LOF 8 - faire une incision longitudinale un peu plus longue que l’écusson)

Couper_uniquement_lcorce (Photo LOF 9 - couper uniquement l'écorce)

Incision_transversale_en_t (Photo LOF 10 - faire une incision transversale au sommet formant un T)

Lever_lcorce (Photo LOF 11 - lever l'écorce délicatement, facile sur le pistachier)

Glisser_lcusson (Photo LOF 12 - glisser l'écusson dans le T)

Fermer_lcorce (Photo LOF 13 – refermer les lévres sans couvrir l’oeil)

Cusson_en_place (Photo LOF 14 - écusson en place)

Ruban_caoutchouc_autofusionnant (Photo LOF 15 - ruban caoutchouc autofusionnant)

Couper_8_10_cm (Photo LOF 16 - couper 8 à 10 cm)

Tirer_le_ruban_autofusionnant (Photo LOF 17 - étirer le ruban auto fusionnant après avoir retiré la protection blanche)

Ligaturer (Photo LOF 18a - ligaturer en serrant sans excès)

Ligaturer_en_haut (Photo LOF 18b - bien isoler le haut)

Tiqueter (Photo LOF 19 - étiqueter )

Male_en_haut_femelle_en_bas (Photo LOF 20 - placer le male - plus faible - au dessus de la femelle - plus forte - , au Maroc on greffe de 3 yeux)

Xudat_de_sve_de_pistachier (Photo LOF 21 – on greffe en écusson quand la sève est en pleine circulation)

Cicatrisation_du_pied_mre (Photo LOF 22 - mais chez le pistachier la cicatrisation n’est pas facile, il faut donc enduire la plaie de cicatrisant)

Forcer les endives

Chicore_witloof_1 (Photo LOF - La chicorée avant récolte de la racine.)

Le site de jardinage écologique de Mc Gill décrit parfaitement le forçage de la chicorée.
Cette note est une simple illustration avec des photos et quelques informations spécifiques aux pays à hiver tempéré.
Nous semons les chicorées au jardin de sable, en juin.
Le sable permet d’avoir des racines droites et faciles à arracher.
La première opération, la plus délicate est d’arracher la racine sans la casser, il faut une fourche-bêche et un pied délicat.

Cichorium_endivia_endive_chicon (Photo LOF - Ensuite on laisse ressuyer (flétrir) « un jour ou deux sur le sol en protégeant la racine d'une plante par le feuillage de l'autre et ainsi de suite » )

On coupe les feuilles à environ 2 cm du collet et on habille les racines pour leur donner une forme cylindrique régulière et une longueur sensiblement égale.
Bien conserver le bourgeon.
Ensuite les brosser à l'eau et les sécher pour qu’elles soient propres, car, dans les pays à hiver doux, il faut les mettre 3 jours au réfrigérateur pour stimuler le départ d’une nouvelle végétation.

Endives_chicons (Photo LOF - Les racines avant l'hiver artificiel du réfrigérateur)

Le forçage à la cave dans un bac rempli mi-terreux mi-sable est plus sûr qu’au jardin – pas d’insectes ni d’escargots.
Assurer un noir total en les couvrant et mouiller le terreau quelques jours avant de les mettre à forcer.
Un chicon fraîchement coupé est croquant à souhait pour les salades d’hiver.

Chicons_endives (Photo LOF - une racine donne deux endives successivement, la seconde récolte est moins vigoureuse)

Comment tailler les fruits de la passion ?

Taille_des_fruits_de_la_passion (Photo LOF - La taille des maracujas consiste en une taille de formation puis on rabat à deux yeux les tiges florales)

La taille de passiflora edulis se fait au printemps au printemps, mais en dessous du 38° il faut le rabattre régulièrement tout l’été, jusqu’à Noël.
C’est une grimpante envahissante à qui il faut absolument donner une charpente.
Les deux premières années de végétation sont donc consacrées à construire les bois porteurs.
Sur ce bois on laisse une tige tous les 30 cm.
Et sur ces tiges on taille à deux yeux soit deux feuilles.
A la naissance de chaque feuille vont partir de nouvelles tiges qu’on taille de même.
La taille se rapproche donc de la vigne sauf que le bois porteur peut à volonté faire 6 à 10 m de long.
On palisse ses bois assez haut de façon que les tiges où pousseront les fruits aient la place de pendre.
La taille multiplie visiblement la production.

Passiflora_edulis (Photo LOF - passiflora edulis palissées)

Ricin, mère du thé

Ricin_de_zanzibar_ricinus_zanzibariensis (Photo LOF - le ricin ombrage les jeunes plants de thé)

Les jeunes plants de cacao ont besoin d’ombre pour se développer, une légumineuse de 5 à 10 m.: Gliricidia sepium «madre de cacao» (mère du cacaoyer) est plantée à cet effet (entre autre).
Elle est également utilisée pour ombrager le café d’ou le nom de « Nicaraguan coffee shade »
« Au Sri Lanka, différentes essences sont utilisées en association; certaines plantations de théiers, souvent les mieux conduites, sont ombragées par Albizia lebbek ou Grevillia robusta, et par une frondaison intermédiaire de Gliricidia sepium ou d’Erythrina sp. » lit-on dans une étude publiée par l’Université de l’Alberta du Sud
Le soleil d’Alentejo est dur pour les jeunes plants de thé : Le jardin de thé de LOF a besoin d’ombre en attendant que poussent les sapotilliers.

Rainforest_graines_du_costa_ric (Photo LOF - Graines tropicales Rainforest Costa Rica)

Bien que Yeshim – merci à toi – nous ait rapporté des graines de mother of cacao de Costa Rica, la rusticité en est limite (USDA  Zone 10a mini moyen -1.1°C  /  10b : 1.7° C)
Alors nous avons opté pour le ricin géant de Zanzibar à grandes feuilles (Ricinus zanzibariensis. L.) qui fait son travail d'annuel pendant l’été.
La germination n’est pas facile mais la plante est magnifique, et vigoureuse.
La graine est toxique.

Castor_bean_fruits_du_ricin (Photo LOF - Le fruit du ricin intrige une visiteuses )

Faire facilement des fruits bio

Nashi (Photo LOF - Malheureux nashi victime du terrorisme des oiseaux)

Margarita disait qu’elle n’avait jamais pu manger une poire de son verger.
A partir du moment où elle a essayé nos sacs à fruits, sa vie à changé.
La déclaration internationale des droits du jardinier (qui reconnaît le droit de propriété) n’est pas ratifiée par les insectes, les oiseaux, les champignons.
Fort heureusement, l’humain – seul signataire de la convention – n’est pas gourmand pour rien.
Il a inventé le sac à fruits.
Plus exactement la housse à fruits (chercher « Fruitsac »)
Les non-signataires passent à côté, comme des niais, ils se disent que c’est une poubellerie humaine de plus sans intérêt alors qu’à l’intérieur un bon gros fruit se gave de sucre.
99% des fruits en sacs font dela surcharge pondérale.
Le sac à fruit dispense de tous traitement, et fait des fruits parfaits.
Très forts ces humains.

Sacs_fruits_housses_fruits (Photo LOF - Bienheureux raisin promis à la table du jardinier grace aux housses à fruits)

Bouturage de la canne à sucre

Canne_a_sucre (Photo LOF – Boutures de canne à sucre)

La CNUCED indique que la canne à sucre ne doit pas geler, mais elle est bonne fille et s’adapte à quelques matins frais.
Actuellement, on bouture la canne à sucre – saccharum officinarum - selon la technique en usage ici c'est-à-dire que la bouture est coupée en oblique, au couteau au milieu d’un entre-nœud, on coupe à nouveau au milieu d’un entre-nœud, 2 nœuds plus loin.
La bouture doit avoir 2 bourgeons
On enterre jusqu’an centre de la bouture, il y a donc un nœud dans la terre. Le bourgeon a la pointe en haut

Bourgeons_de_canne_sucre (Photo LOF – Bourgeon de canne à sucre : les bourgeons successifs sont opposés)

Comme la canne à sucre demande deux fois les précipitations annuelles moyennes de l’Alentejo, elle se plante donc dans des rigoles irriguées
A LOF le filtre à eau de la maison se nettoie toute les nuits, excellent arrosage pour les cannes.
On repique de la blanche qui se trouve partout, la violette est également bonne.
La canne à sucre procure un plaisir d’enfant, le bon goût de sucre de canne.
On enlève l’écorce d’un entre-nœud, on coupe une tranche et on mâche.
Et puis il y a de jus obtenu à la centrifugeuse.
Bon.

Boutures_de_canne_sucre (Photo LOF les boutures en place, la canne n’aime pas l’eau qui stagne, en revanche un bon rinçage quotidien lui va très bien)

Influence de la couleur sur la germination

Terrine_semis_rouge (Photo LOF - Terrine à semis rouge)

L’influence de la lumière de couleur rouge sur la croissance des plantes est admise.
Le rouge et le bleu accélèrent la croissance, le vert la ralenti.
Les molécules « phytochromes » - sensibles à la lumière - existent dans les plantes et chez les monocellulaires qui les entourent.
Les semences en contiennent.
D’où l’idée d’une influence de la couleur de la lumière ambiante sur la rapidité de levée des semis.
Constastion : les semis en bac de couleur rouge lévent plus vite qu’en bac verts.
Faites l’essai et donnez vos constatations.
De même quand vous achetez des terrines à semis pour vos pastilles de tourbe, choisissez les rouges.
Naturellement on trouve surtout des verts. Terrine_semis_verte (Photo LOF - La nature est passible de contravention : elle accélère au rouge et elle freine au vert)