Cette note suite à la publication par Sophie de « l’eau dans le jardin : ça brille »
Le jardin des origines du jardinage, le paradis perse est un enclos avec une fontaine et un bassin au centre : pas de jardin sans murs ni eau.
Le bassin a un rôle fonctionnel : stocker, oxygéner et mettre l’eau à bonne température d’arrosage.
(On n'arrose pas à l'eau froide).
La vue du bassin apaise : l’eau c’est parfaitement horizontal... donc reposant.
Le bassin exige le banc.
Le sentiment de paix et l’homme assis structurent le jardin chinois depuis les origines.
L’eau joue avec la lumière, il y a les effets reflet quand elle est au repos, et miroitement, scintillement quand elle est en mouvement.
On peut, bien sûr, inventer toute une métaphysique du miroir, mais dès l’origine il est probable que les jardiniers ont avant tout cherché à ordonner des verticales pour que leur image ordonnée se double et rende l’espace encore plus grand. La constante du jardin perse est l'alignement des arbres
et pour que la lumière filtrée par les feuillages compose un tapis aléatoire et changeant.
Encore une fois ils se sont assis devant le bassin et ont été émerveillés.
C’est ce que rend parfaitement Claude Monet, comme les jardins andalous.
Beaucoup plus tard, après que la perspective linéaire à un seul point de fuite soit devenue un dogme, après les livres et les images imprimées, la perception du jardin se réduira à la seule vue en deux dimensions.
Alors les jardiniers paysagistes devenus reproducteurs d’images, dessineront avec l’eau, feront des jets, des cascades, des ruisseaux…





