Les premiers jardiniers n’avaient pas dans la tête un référentiel marqué par les contingences de l’histoire, des religions, ni par la pression du marketing et de la mode.
Ces jardiniers allaient donc à l’essentiel, sans nos torsions.
Comment étaient les jardins de la Perse primitive qui via la Méditerranée ont engendré ceux d'Europe ?
Ils étaient clos (pour de multiples raisons), terrassés et organisés autour des deux nécessités du jardinage : l’hydraulique d'arrosage et de drainage et la circulation dans le jardin.
Dans ces jardins il y avait des fruits, des aromatiques et des médicinales, et des légumes
Ces jardins sont sans doute nés en même temps ou un peu avant que l’agriculture céréalière.
Le jardinier n’est pas nécessairement sédentaire, les paysans sud-portugais ne jardinent qu’au printemps et en été.
Le chasseur nomade connait mieux les plantes que l’agriculteur sédentaire, il a sans doute été le premier jardinier.
Il y avait aussi des fleurs, des fleurs en pot, car le pot de fleur est aussi vieux que le jardin, il économise l’eau, on peut le bouger, le protéger, conduire les hybridations, c'est dans les pots qu'on fait les semis, des boutures.
La domestication, la sélection, l'amélioration, voila la grande passion, ces gens avaient une passion végétale qui est longtemps restée chez les moyen-orientaux, il en fallait pour domestiquer et sophistiquer toutes les plantes que nous consommons aujourd'hui, nous qui ne domestiquons plus rien... mais détruisons ce qui reste de sauvage.
Dessinaient-t-ils leurs jardins ?
Avaient-ils une idée ou une image statique du jardin ?
Ou dans une vision moins restrictive que la nôtre, leurs jardins étaient-ils un éloge des instants qui passent et meurent, comme les heures du jour, comme les saisons et les ans, comme les plantes, leurs parfums, leurs saveurs...?































