(Photo LOF - Comprendre son climat est d'autant plus difficile que les climats varient sensiblement à quelques centaine de mètres près, notamment les climats littoraux)
Ces notes sont destinées à ceux qui n’ont jamais jardiné et commencent leur jardin.
Elles sont écrites pour Iza qui crée son jardin en Corse.
Le premier mauvais pli à ne pas prendre, la première attitude dont il faut toujours se défier et pour le jardinier de ne pas se servir de sa tête.
Le jardinage est - à la différence de la culture industrialisée qui crée un milieu artificiel - avant tout soumis à l’aléatoire mouvant de la météo, du lieu (sachant qu’il y a beaucoup de micro climat dans un même jardin), de l’environnement, des végétaux disponibles.
Il faut donc penser toujours qu’il n’existe pour personne de jardins tout fait, mais bien au contraire le jardinier doit toujours observer, adapter, se souvenir, et demander.
(Photo LOF - un curculion qui a toute les apparences d'un rhynchite... mais de 30 mm, les jardiniers ont une responsabilité dans la lutte contre la bio uniformité industrielle)
L’industrialisation des plantes, des livres, des outils, des idées, conduit à trouver le même lamentable choix de Stockolm à Marrakech.
Elle vous pousse à l’erreur et au rabougrissement.
Autrement dit, l’attitude à ne surtout pas suivre est de dire en regardant une photo dans « Mon jardin ma Maison » : voilà ce que je vais faire… sans tenir compte de vos vents, de vos pentes, de votre exposition, de la terre, des usages du lieu et de votre façon d’être.
Ceci est l’erreur la plus banale et la plus terrible, car elle conduit au découragement
Celle des faux jardiniers actuels : acheter un jardin tout fait, tout fleuri à la jardinerie, aux premiers beaux jours.
Un mois plus tard, le jardin est un cimetière.
On peut faire un jardin photo en deux jours, pas un jardin vivant.
Personne n’arrive jamais à faire un jardin durable comme sur la photo.
(Photo LOF - Le bonheur du jardinier, voir mûrir ses fruits, ses variétés locales, sans les avoir empoisonnés)
Par exemple, on voit ici – dans le sud Portugais – une tendance systématique à gazonner, à faire des chemins aux courbes molles injustifiées, plantés avec des poubelles-border lavandes-gazanias style rondpoint.
C’est un crime qui élimine la faune locale, qui coûte une fortune en eau et qui se transforme rapidement en jardin terrain vague.
(Photo LOF - agaves, comment trouver des agaves à tequila ? demander à Guillemette Attar, l'intrépide, d'en rapporter quand elle part parcourir le Mexique de long en large)
Iza, tu penses déjà mettre une vigne sur ta terrasse qui n’existe pas encore, or dans le le sud, les plus belles journées sur la terrasse sont celles de fin d’été, le repas du soir en septembre, avec une vigne tu auras des guêpes, justement toute la fin de l’été.
Il te faudra aussi choisir une vigne jamais malade, car tu ne pourras pas la traiter au dessus de ta table, or ces vignes (les fragoles) sont difficiles à trouver.
Regardes, observes comment font les voisins, analyse, critique, parles-en, ils te diront leurs erreurs, ensuite décide.
Numéro un - ouvrir les yeux : comment on jardine localement, parler aux jardiniers locaux.
Comme les savoirs jardiniers ont tendance à disparaître : il te faut lire, passer du temps sur internet surtout en anglais, apprendre comment on faisait avant l’ère de l’uniformité qui commence grosso modo au XIX° siècle.
Comment on faisait des jardins là où tu es ...
du temps où on savait jardiner pour le plaisir.
(Photo Iza - Le terrain d'Iza a déjà été cultivé, quelqu'un a dégagé les pierres, il est cloturé de murs, malheureusement un peu couverts de végétation, il est important de les dégager pour pouvoir les entretenir, le mur est l'aménagement primaire du jardin du sud. Deviner d'où vient le vent dominant qui n'est pas le vent des tempêtes)













