Premiers beaux jours - ombres portées
(Photo LOF – Roses Pierre Gagnaire - obtention Delbard)
Les premiers beaux jours (une grande semaine mi mars) sont l’occasion de sortir au jardin.
Il est important lors de la conception du jardin, de la plantation d’arbres ou de haies de ne pas gâcher le plaisir de ces brèves journées par des ombres portées toujours importantes avec le soleil bas d’hivers.
Les jardiniers avisés profiteront de cette période pour piqueter les ombres de 11 heures à 15 heures de façon à les réduire le plus possible.
Il faut faire de la place au premier soleil.
A la suite de cette note l’excellent texte de René Pechère sur cette question des ombres portées.
Pour les jardins en dessous du 38ème parallèle les premiers beaux jours correspondent au premiers jours chauds, c’est à dire à la mise en place des premières tomates.
René Pechère dans la "Grammaire des jardins" chez Racine "…
"Cela m'a bien servi lorsque j'ai été consulté pour aménager les dehors de l'immeuble de Le Corbusier à Briey.
Il implantait ses bâtiments Nord Sud pour profiter de la lumière solaire alternativement sur deux façades.
Le bâtiment avait 50 m. de haut et 120 de long.
On me donnait un hectare de parc à aménager en face chaque façade.
J'ai pu estimer immédiatement que l'un des espaces serait entièrement à l'ombre le matin, et l'autre l'après midi, sur une distance de 75 à 100 m. à certaines saisons intéressantes.
J'ai demandé 2 hectares au sud ; on me les a refusés. Je ne suis plus retourné à Briey.
Il me faut justifier cette affirmation et vous dire comment j'ai simplement raisonné:
1. Le soleil a une trajectoire de plus en plus haute dans le ciel, en partant du 25 décembre et jusqu'au 15 juin ; puis elle redescend.
2. On ne se tient pas beaucoup dans un jardin le 25 décembre... A partir de quelle date peut on souhaiter se tenir à l'extérieur? En général, à partir du 7 mars. En effet, les jardiniers qui sont souvent sur les chantiers savent qu'il y a généralement 10 beaux jours en mars.
Ces 10 beaux jours sont consécutifs, et de 11 heures à 15 heures il fait extraordinairement printanier. Curieusement, on retrouve souvent 10 beaux jours consécutifs en octobre. Or du 8 mars au 21 juin, il y a 105 jours. Si j'ajoute 105 jours au 22 juin, j'arrive au 6 octobre, autre période encore agréable.
3. Mon problème est de rechercher l'inclinaison du soleil à partir du premier jour où je peux me tenir dans un jardin et connaître ainsi l'ombre portée. Mais à quelle heure? Le matin, 6 h. le 7 mars, ce n’est pas évident pour l'agrément.
Il faut attendre que le soleil chauffe un peu, disons 9 h. A midi on déjeune, 11 h. est plus intéressant et 13 h. puis 15 h. Or, par rapport à midi, 9 h. et 15 h. ont la même inclinaison, tout comme 11 h. et 13 h.
Il me suffit donc de connaître les deux inclinaisons, celle de 9 et 15 h., puis celle de 11 et 13 h., le 7 mars pour avoir une norme de base.
4. En effet, j'ai choisi intentionnellement la situation la plus défavorable : le 7 mars, car le 8 à 2 minutes près, cela ira mieux et la situation ne fera que s'améliorer chaque jour, jusqu'au 21 juin.
En prenant une estimation pessimiste, je supprime les risques.
5. Or, d'après les tables, un bâton de 10 m. donnera le 7 mars: 20 m. d'ombre à 9 et à 15 h. et 15 m. à 11 et 13 h. Soit 2 fois et 1,5 fois sa hauteur.
Le jour de la situation la plus favorable, à la mi juin, elle est de 3/4 à 1 fois sa hauteur, ce qui est aussi à considérer.
6. Bien entendu, l'ombre n'est pas la même aux différentes latitudes, mais qu'importe si l'approximation est suffisante pour se faire une idée rapide, sans instrument, quitte à vérifier en cas de doute. "

Roses Pierre Gagnaire, ça me donne de l'appétit...Qu'est-ce qu'on mange?
Rédigé par: JCP | lundi, 21 mars 2005 at 07:48 PM
Oui, j'ai compris, et sincèrement, je suis sur le cul. Je suis bien sur ma chaise de bureau, je ne suis pas tombé, mais lá...on joue pas en troisième division, on est en coupe du monde.
J'imagine l'homme. Il s'approche, calcule les distances à vue d'oeil, mesure les ombres portées. Les calculs sont rapides et précis. Il ne parle pas, il n'y a pas à discuter, c'est l'homme qui vit grâce au soleil, pas l'inverse. Il tire ses conclusions. Il sait quoi faire.
De l'autre côté, un mec comme moi et tant d'autres : "T'as vu le spécialiste ? Mais y fait quoi en regardant l'heure et le soleil ? Il bronze ? Il devrait pas palper la terre pour voir si elle est bonne ? Si ça se trouve, y s'y connait encore moins que moi...".
:-)
Rédigé par: Joao | mardi, 22 mars 2005 at 06:06 PM
"Pechère, qué hombre fenomenal!"
(Ricardo Sanchez in Sol y Sombra)
Rédigé par: JCP | vendredi, 25 mars 2005 at 09:24 AM