Liens du jardin

Related Posts Widget for Blogs by LinkWithin

Balade au jardin mi-juillet 2009

Red Sunflower tournesol  rouge (Photo LOF – soleils rouge dans le soleil rouge)

Mi juillet la balade se fait à l’aube, il faut partir avant 7 heures Après le petit déjeuner, servi à l’est, à 6 :30 quand le levant est encore rouge.

Morning matin (Photo LOF – petite brume lumineuse sur la campagne)

A l’aube, les vallées sont en dessous du point de rosée cette année, avec ses merveilleuses nuits fraiches, noyées dans la brume.
A 7 :15 le spectacle est terminé.
Notre ami met le chauffage à fond.

Lilium lys (Photo LOF - Lilium)

Juillet est un mois de transition la fin des septentrionales, la floraison des tropicales qui vont donner les grands parfums du mois d’août et leurs premiers fruits (les fruits de la passion).

Pomegranate grenade (Photo LOF – Jeune grenade)

Le jardin ne parle plus beaucoup au nez, en revanche il parle à l’oreille avec dès l’aube le grand concert symphonique des oiseaux (les armées de moineaux ibériques, les perdrix, les faisans, les paons, les geais, etc.) qui dure jusqu’à la chaleur.

Greenhouse serre (Photo LOF – La serre vide à cette époque, vue du jardin rouge à l’aube )

Les aigles sont les derniers à se réveiller, les seuls à lancer des grands cris de joie dans le silence de midi quand ils montent dans le ciel bleu bleu et chaud.
Cet oiseau est beau, il exprime le bonheur de voler haut.
Il semble qu'un couple s'est installé en bas, dans la vallée des satyres.
Les guêpiers d’Afrique font leur grand concert pour annoncer le déclin du jour.

Bleu garden jardin bleu (Photo LOF – une table dans le jardin bleu, pour manger à la bougie les soirs de pleine lune comme en ce moment, sans un souffle de vent )

Le jardin, les vergers, l’eau - cette année peu ventée l’évaporation est faible - engendrent tout un monde d’oiseaux qui fait le bonheur d’Ann.
Les perdrix sont les plus insolentes, elles dorment jusqu’à la porte de la maison, les perdreaux sont imprudents et se font gronder par leur mère.

Penstemon (Photo LOF – Penstemon : vivace qui fleurit en juin juillet, bref moment de rosée)

Le marc de café nuisible au compost…

CRFG 2009 07 Nick F. Lolonis toxicité du marc de café (Photo LOF - Fruit Gardener Vol 41 n°4 page 6... Nick F. Lolonis à la recherche de l'assassin de ses plantes)

Le numéro de juillet-août 2009 de Fruit Gardener, la revue du CRFG - notre bible - publie un intéressant article qui contredit une idée reçue.
Nick F. Lolonis, qui fait du vin bio dans la Redwood Valley, perdait sans cause apparente, et malgré des soins attentifs, des géraniums, un avocat, des vignes, un pélargonium bleu, des agrumes, un pitanga...
... même des mauvaises herbes qui poussaient dans ses pots mourraient.
Il a d’abord soupçonné le sable qu’il utilisait d’être salé.
Il a planté des tomates avec des mélanges de terre de différentes proportions de sable de 50 à 0%.
Tout poussait, mais les tomates étaient petites par rapport à la taille du pot témoin sans sable.
Seule possibilité restante son compost.
Il a expérimenté les mêmes tomates avec un compost de 0 à 50% de marc de café - frais et/ou composté - et un pot témoin sans compost au marc de café.
Seul le compost à bas taux de marc de café (12%) à poussé, mais avec une taille moins de la moitié du témoin sans marc de café.

CRFG 2009 07 Nick F. Lolonis toxicity coffee toxicité  marc de café (Photo Nick F. Lolonis - tests de composts avec un taux croissant de marc de café, le compost à 12% de marc non composté produit un plante moitié moins vigoureuse que la plante témoin à gauche, le compost à 50% de marc composté donne une petite plante rachitique)

Plus de doute.
Il teste le ph du marc de café : 6, pas de problème.
Il a ensuite testé avec des tablettes de caféine pure, sans résultat.
Le marc de café contiendrait donc un phyto-inhibiteur qui n’est pas la caféine et qui persiste au compostage, Nick a fait l’expérience avec un compost au marc de café vieux de deux ans, la toxicité demeure.
Il n’a pas déterminé l’existence d’un seuil de toxicité mais il semble que l'action du marc de café est directement proportionnelle à sa présence.
Il a donc purement et simplement cessé de mettre du marc de café dans son compost.
Quand on cherche marc de café /compost, on ne lit que des éloges soigneusement répétés...
teneur importante en potassium et magnésium... apport d'éléments nutritifs ...
Nick termine sa publication en se demandant s’il na pas trouvé un substitut écolo aux désherbants.
Et le thé Nick, et le marc de thé ?

Tomat tomates plans (Photo LOF - si vous n'êtes pas sages, je vous donne du café )

Jardins & paysages de l'Antiquité - Grèce Rome - Actes sud 2009

Jardins et paysages de l'antiquité actes sud (Photo LOF - N’achetez pas ce livre )

Je n’ai lu que la partie sur les jardins grecs, j'arrête, c’est atterrant de nullité, que ça m'a énervé.
Bien sûr ça parle de mythologie, mais pas de jardins, pas de plantes, pas d’irrigation, zéro notion d’archéobotaniques, de palynologie, de carpologie, littérature.
L’histoire des jardins c’est simple : avant Xénophon, les grecs (assimilés à la Gréce propre et la Grande Gréce) ne savent pas ce qu’est un jardin, après oui : c’est un paradis (et hop, on remet le coup du paradis, un petit coup de vie dans l'au-delà, ça ne peut pas faire de mal).
Xénophon est allé visiter les jardins perses… les grecs ont eu la révélation.
Avant c'était des niais que regardaient la beauté de la nature.
Faut oser.
Ce livre est cher, extrêmement cher pour rien.

Avant Xenophon (Photo LOF – Jardin grec avant Xenophon, beauté de la nature [concept écolo qui n’existe pas chez les grecs] )

La maison de Delos où nous sommes tous allés n’a pas de jardin.
Donc les grecs urbains ne font pas de jardins dans leurs maisons.
Les romains oui, la preuve : il y en a à Pompei.
Naturellement, il n’y a pas de jardin à Delos, pas davantage qu'aujourd'hui, car comme sur toutes les îles grecques il y fait des vents qui interdisent à jamais autre chose que quelques pots de fleurs et palmiers.
Les pots de fleurs...  il faut lire le délire sur l’alignement le long du temple d’Héphaistos.
Quand on sait que les trous dans le rocher deviennent des cuvettes d’eau en hiver, on doit chercher quelles sont les plantes qui supportent d’avoir les pieds dans l’eau (pas les lauriers).
(c'est encore pire dans le chapitre sur l'Egypte : les racines des plantes en pot mis en terre cassent elles-même les pots de terre cuite et les débris servent de compost)

Tombe grecque (Photo LOF – La tombe de Jouvence - Extrait "l'habitant de l'Attique préfère l'idée de la nature à la domestication des espèces, ce qui n'exclut pas l'agriculture... Le philosophe [grec] s'inspire de la beauté de la nature comme symbole de l'œuvre divine ... ] si si c'est écrit ça ...)

Pas un mot de Priapos (ni de Pan), fascinante divinité de l'abondance et de la fertilité, venue du proche Orient, de Lampsaque, qui évoque chez tous les jardiniers le rêve de profusion et de surgissement des jardins habités.
Enfin bref, c’est quand même une grande catastrophe que les gens qui écrivent des livres sur le jardinage n’ont jamais ni la pioche ni le sécateur en main,
c’est encore plus triste que les gens qui écrivent sur les jardins du sud, vivent au nord (c'est pareil ici au Portugal) d’où ils n’ont pas la moindre idée des conditions de jardinage du sud, pays d'origine des jardins.

JARDIN du PALAIS ROYAL (Photo Lilizen – Le jardin grec après Xenophon vu par les septentrionaux est équipé de poubelles vertes, on y achete des glaces avec les enfants le dimanche après midi )

Murraya paniculata : Bois-jasmin, Buis de chine

Orange Jessamine bois jasmin Murraya paniculata (Photo LOF - Murraya paniculata, Buis de chine, Azahar de jardin, fréquent à La Réunion)

Murraya paniculata : Bois-jasmin, Buis de chine, n’est pas facile à trouver, et c’est bien dommage.
Il est rustique en zone USDA 9 b, en situation protégée.
Ce joli petit arbre, qui fleurit en ce moment, (fleurs simples, blanches, en petits bouquets) à un parfum aussi envoûtant que le jasmin et aussi séduisant de la fleur d’oranger.
Dans la trilogie du jardin parfumé du sud (agrumes, jasmins, roses) il réalise donc un travail de parfumeur en faisait un bouquet à lui tout seul.
Il est bien nommé en anglais : "Orange Jessamine", orange jasmin.
Un de ses nombreux noms occasionnels est "Azahar de jardin" ou "d'Inde" (aussi "azabar d'Inde"), de l'espagnol (antérieurement de l'arabe al-azahar - fleur blanche) veut dire : la fleur d'oranger.
Nous le cultivons en pot pour avoir le plaisir de le rentrer pendant ces chaudes journées d’été.
Alors, il embaume toute la maison.

Boxwood Orange Jessamine Murraya paniculata (Photo LOF - Murraya paniculata la feuille, le feuillage est dense)

La culture des plantes en pots est aussi vieille que le jardinage.
Depuis que les humains plantent, c'est-à-dire depuis qu'ils sont humains, à côté de l'ail pour accompagner le repas, il y a toujours une fleur qui sent bon pour poser sur la table.
Dans une publication intitulée  Origines des jardins méditerranéens : les données archéobotaniques  Philippe Marinval écrit des jardins de la haute antiquité :
« un produit manufacturé est aussi essentiel que le végétal : le pot de fleurs… Les pots de fleurs ou pot horticole sont très anciens, on a mis à jour des exemplaires datés de la première moitié du II millénaire avant notre ère sur plusieurs sites mycéniens de Crête… »

Orange Jessamine buis de chine Chalcas exotica Murraya paniculata (Photo LOF - Murraya paniculata n'est pas un agrume (citrus) mais appartient à un autre des 150 genres de la famille Rutaceae, le genre Murraya qui compte une quarantaine d'espèces, la fleur forme un petit fruit dont les pépins sont fertiles )

Comment étaient plantés les jardins du moyen age andalou ?

Sevilha par Jose Santos (Photo José Santos - patio sévillan : symétrie, ordre, calme, lumière. Au centre le reflet )

Comment étaient plantés les jardins du moyen age andalou ?
Quelles plantes poussaient dans les jardins encaissés ?
Nicolas Forestier en fait des jardins cubistes, très taillé / verdure « parcs et jardins publics ».
A l’opposé Alix Audurier Cros écrit dans Horizons maghrébins n° 45/2001 - Paysages et jardins des Méditerranéens : « Par opposition la Nature n'est pas asservie, mais respectée et magnifiée dans le jardin. Les arabes ne pratiquent pas l’art topiaire, mais une culture des plantes basée sur une croissance naturelle, embellie par les tailles successives. Le port naturel de la plante participait à la célébration de la beauté... »

Herbes folles (Photo LOF - port naturel des plantes : vous imaginez ça au milieu de votre maison ?)

Antonio Almagro Gorbea, Julio Navarro, Pedro Jiménez Castillo y Antonio Orihuela du Laboratorio de Arqueología y Arquitectura de la Ciudad utilisent l’image de synthèse pour faire revivre ces jardins.
Jardins du Maroc n° 11 en publie certaines qui évoquent des jardins andalous du haut moyen age.
Le dessinateur représente des semis aléatoires de type mélange « jachère urbaine » pour villes du nord, prêt à semer - sans entretien - hauteur garantie sur le paquet.
La rénovation du patio des demoiselles de Séville montre combien ces jardins en fosse étaient délicats à cultiver et à entretenir.
Antonio Almagro note que les jardins en fosse ont une faible couche de terre végétale, que nous n’avons pas d’information sur les arbres... puis on lit « Selon les informations fournies par d'autres enquêtes, y compris le Patio de la Acequia au Generalife de Grenade, ce type de jardin était un pré fleuri de fleurs basses….
Il note que la plantation contemporaine de 6 orangers de petite taille, nécessite de les tailler régulièrement afin de ralentir leur croissance….
Le reste de la superficie est traité avec les espèces de fleurs de prairie, avec une bande de gravier en bordure pour faciliter l'évaporation de l'humidité du sol à proximité des murs ».
D’où l’idée décrite dans Jardins du Maroc d’assimiler les jetés de fleur à un tapis.


Tanque agua réservoir d'eau ( Photo LOF – Etat spontané d’un réservoir d’eau - Cercal do Alentejo – Les demeures antiques consomment des quantités énormes d’eau pour maintenir les bassins propres)

Les interdits de la religion musulmane – ne représenter ni le créateur ni les créatures – condamnent la mode romaine des topiaires figuratives mais non à la taille : finis le jardin plein de scènes sculptées dans le buis et le cyprès, ancêtres du Tiger Balm Garden
Ils nous privent également d’images nous montrant ces jardins.
La croissance « naturelle » (taille minimaliste militante) correspond très vite sous nos climats à un foutoir indescriptible, en une semaine un jardin devient un bidon ville végétal après une pluie, un fouillis où dominent des mauvaises herbes, assassines pour les plantes cultivées.
Tout ces idées sont insoutenables.
Jamais ces gens raffinés, attirés par les parfums et la rigueur n’auraient semé des coquelicots et des pissenlits dans des patios aussi travaillés.
Tout cela n'est pas envisageable.
Impossible de désherber une prairie au fond d’un trou, ça n’a pas de sens.
Ces jardins ibérico mauresques andalous étaient le lieu d’un énorme travail humain d’irrigation (attentivement controlée pour ne pas abimer les monuments), et de soins car la rotation des cultures y est impossible.
Dans ce sens, la taille fréquente est méticuleusement nécessaire et nul ne peut avoir la serpette en main sans penser à donner une forme.
Attentif aux moindres proportions, à la rigueur ordonnée de l'architecture, aux rythmes géométriques de la décoration, ces héritiers du jardin perse - totalement civilisé et travaillé - passionnés de jeux de lumières rares et de parfums délicats, de fruits, qui marquent strictement la différence entre l’allée rigoureusement propre, au dallage régulier, et le jardin des végétaux, ne pouvaient pas laisser proliférer au milieu de leur maison un désordre aléatoire et permanent.

Vivienda de la Alberca Madinat al-Zahra Córdoba Cordoue maison du bassin (Photo Jardins du Maroc n°11 « Jardins d'Al Andalus » Antonio Almagro Gorbea, Julio Navarro, Pedro Jiménez Castillo y Antonio Orihuela : Vivienda de la Alberca Madinat al-Zahra Córdoba Cordoue maison du bassin - reconstitution contestable du jardin)

 Ibn All Awwâm décrit les tailles de nettoyage, d’éclaircissement, de fructification et de rajeunissement (qui sont pour le coup sévères), qui devaient donner des formes utilitaires de patio assez semblables à celle de la salle à manger de l’impératrice Livia Drusilla du musée romain.
Les topiaires géométriques devaient exister, en cela les haies à hauteur d’appui de la cour des myrtes sont justifiées, elles étaient sans doute moins orthogonales.
La taille, la greffe ne sont pas opération « contre nature » dans l’antiquité ni chez les Andalous.

Jardin Taifa de la Aljaferia XI° c. (Photo Jardins du Maroc n°11 [retouchée] « jardins d'Al Andalus » Antonio Almagro Gorbea, Julio Navarro, Pedro Jiménez Castillo y Antonio Orihuela : Bassin profonds du jardin de la Taifa de la Aljaferia XI° c. avec une prairie impossible)

On peut aussi supposer que, selon une tradition aussi vieille que le jardinage, les plantes en pots qui étaient courantes, c’est une constante depuis la haute antiquité perse, toujours visible au sud de la péninsule.
Entretenir un jardin en fosse, ou en dénivelé, invite à utiliser les plantes en pot.
Ils simplifient l’arrosage, ils permettent d’avoir toujours un patio renouvelé, en fleur au bon moment, avec des couleurs changeantes.
L’agencement est facilité, on peut aussi mettre à l’abri les plantes gélives, de présenter des floraison à contre saison, les pots évitent les allées et venues de jardiniers et des brouettes de déchets et de fumier, bref les travaux de jardin dans la maison.
Cela correspond mieux à un jardin merveilleux en permanence, comme l’étaient les jardins ibérico-mauresques qui ont impressionné tout l'occident dans leur apogée.

Vivienda de la Alberca Madinat al-Zahra Córdoba (Photo Ville de Cordoue – Plan de la Madinat al-Zahra, premier palais du Califat, en bas la Vivienda de la Alberca : l’inclusion du jardin au cœur de l’habitat exige un entretient régulier, la maîtrise du drainage et de l’arrosage, donc d’utiliser des techniques de culture propres et maîtrisables, comme les plantes en pot )

Autour du jardin la campagne

In the hammock j'étais dans la hamac (Photo LOF – j’étais dans le hamac…)

J’étais dans le hamac à regarder les textures des végétaux, dont celle des feuilles de Carica quercifolia, papaye à feuille de chêne, une papaye dioïque à tout petit fruit qui peut atteindre la taille d’un arbre moyen avec ces formes quasi animales des papayers.
Son feuillage est d’un beau veau clair.

Oakleaf carica Papayer à feuille de chêne Carica quercifolia (Photo LOF – jeune papayer à feuille de chêne, à droite)

quand dans la vallée, monte tout un nuage de fourmis.
Incroyable texture animale mouvante dans la variété des textures végétales inertes.
Après les pluies de la semaine dernière et un labour destiné à éviter les feux, à la fin d’une journée chaude et sans vent c’est le vol nuptial des fourmis.
Fournis.faq écrit : « Après fécondation, le mâle meurt au sol. La femelle fécondée, devenue reine, se met à la recherche de l’endroit propice, une fois trouvé, elle détache ses ailes devenues inutiles.
Elle passera toute sa vie dans les profondeurs du nid où elle pond ses œufs de façon continuelle.
Sur mille femelles qui se sont élancées vers le ciel, on estime qu’une seule accomplira sa destinée…
»

Ant nuptial flight fourmis ailées vol nuptial (Photo LOF – Vol nuptial de fourmis le 13 juin 2009 - 18:48:37 largement plus de mille...)