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Les Chevalier Saint Michel du Musée Dobrée

Marierose_schweighauser_ep_dobre__2 (Photo Chantal Hémon - copyright musée départemental Dobrée - Marie-Rose Schweighauser épouse de Pierre-Frédéric Dobrée par Chevalier Saint-Michel - 1778)

La Fondation LOF remercie Claire de Lalande, conservateur du Musée Départemental Dobrée d’archéologie de Nantes, d’autoriser la publication des portraits au pastel de Chevalier Joseph de Saint Michel représentant Pierre-Frédéric Dobrée (n° 896.1.3868 - ovale 66 x 55 cm signé daté 1778) et son épouse Marie-Rose Schweighauser (ovale 61 x 53 cm signé daté 1778)
Cette publication permet de poursuivre la publication des portraits de cet artiste italien, à cheval sur les écoles françaises et anglaises du début Louis XVI
Ces portraits appartiennent à une collection publique (Conseil général de Loire-Atlantique) ils ne sont pas reproductibles sans l’autorisation du musée propriétaire.
La vie de Pierre-Frédéric Dobrée (1757-1801) a été mise en ligne par Claire de Lalande
Les archives de l’Etat civil de Nantes concernant les Dobrée sont également en ligne.

Pierrefrdric_dobre_chevalier_saint_ (Photo Chantal Hémon - copyright musée départemental Dobré - Pierre-Frédéric Dobrée par Chevalier Saint-Michel - 1778)

Le 29 juillet 1777, Pierre-Frédéric dit Pierre épouse Marie-Rose Schweighauser (1757–1781) protestante bâloise.
Ils ont donc le même âge, 21 ans, quand Chevalier Saint Michel fait leurs portraits.
C’est une vraie paire, les cadres et les cadrages sont identiques, elle à gauche lui à droite selon l'usage,
Notez enfin qu'elle est assise sur un fauteuil alors qu'il est debout, autre usage d'époque.

Signature_pierrefrdric_dobre_cheval (Photo Chantal Hémon - copyright musée départemental Dobré - Portrait de Pierre-Frédéric Dobrée : signature de Chevalier Saint-Michel - 1778)

J’avais signalé que Saint-Michel utilise encore sa technique de fond barré d’une bande claire ascendante qui permet de faire ressortir la tête du fond.
Il la traite ici comme un reflet.
Le portrait de Pierre Dobrée est très peu estompé ce qui est rare chez de Saint-Michel, habituellement beaucoup plus vaporeux.

Signature_marierose_schweighauser_e (Photo Chantal Hémon - copyright musée départemental Dobré - Portrait de Marie-Rose Schweighauser : signature de Chevalier Saint-Michel - 1778)

décembre 03, 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

LOF Foundation

Foundation Lugar do Olhar Feliz pour les portraits au pastel du XVIIIeme.
La Fondation fait connaître et apprécier les portraits au pastel XVIIIème de Joseph Vivien à la mort de John Russell, sans distinction de provenance ou de qualité.
Elle utilise internet pour constituer une base documentaire et pédagogique, elle publie gratuitement les pastels des particuliers, musées ou marchands.
Elle aide à la conservation des pastels XVIIIeme par le conseil et l’échange de connaissances, la mise en relation des amateurs et des techniciens.
Devenez membre de la fondation en laissant un commentaire.

Lugar do Olhar Feliz Foundation for 18th C pastel portraits.

The Foundation exists to help you get to know and appreciate 18th C pastel portraits, from Joseph Vivien to John Russell, without distinction of source or quality. It uses Internet to constitute a knowledge base, and publishes pastels from private collections, museums or professionals. It helps with the conservation of 18th C pastels in an advisory role and by the exchange of information, putting in contact amateurs and technicians. Please join the foundation by leaving a comment.

juillet 16, 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Les Chevalier de Saint Michel de Ch. V.

L’iconographie de Chevalier Joseph de Saint Michel pour la période 1770-71 a progressé cette année 2007.
Olivier Le Bihan, directeur du Musée des beaux-arts de Bordeaux a signalé l'acquisition de deux portraits d'hommes de la famille Ferrière, négociants bordelais, datés de 1771, par le chevalier Joseph de Saint Michel
« ces pastels ont été réalisés sans doute à Bordeaux la même année que le portrait de Fenwick » écrit-il

Portrait_dhomme_jospeh_de_saint_mic (Photo Boris Wilnitsky Fine Arts Vienna - Portrait d'homme d'une paire par J. de Saint Michel 1771) Signature_1771_1

En juin, sont apparus deux pastels sur vélin de Chevalier Joseph de Saint Michel (44,5 x 34,5 cm et 50,2 x 41,2cm ) à la vente sur le site du Viennois Boris Wilnitsky Fines Arts une signés "De St Michel Pixt 1771"

Portrait_de_femme_joseph_de_saint_m (Photo Boris Wilnitsky Fine Arts Vienna - Portrait de femme d'une paire par J. de Saint Michel 1771) Signature_1771_2

Enfin la collection de Ch. V. - ami de la Fondation LOF - compte désormais deux portraits au pastel par Joseph de Saint-Michel, tous deux sur soie, dont le second acquis cette année.

Louis_emmanuel_de_boyer_drudas_de_s (Photo Ch.V. - Louis Emmanuel de Boyer-Drudas de Sauveterre par Joseph de Saint Michel )

Le premier portrait de la collection Ch. V. est celui de Louis Emmanuel de Boyer-Drudas de Sauveterre (né à Drudas c.1725 – 12 avril 1789 Toulouse), conseiller du Roi en tous ses conseils et son président à mortier au parlement de Toulouse.
Ovale sur soie, (60 x 51 cm), dans son cadre.
Il est signé et daté de 1770 en haut du portrait.
Il a été exposé au Salon de Toulouse la même année.
En suite de note on trouvera l’article du Dictionnaire des Pastellistes de Neil Jeffares qui référence ce portrait, donnés comme « appartenant au marquis de Mirepoix »

De_st_michel_signature_1770 (Photo Ch.V. - Le plaisir avec J. de Saint Michel est qu'il signe ses pastels, il les signe même deux fois... )

Il est doublement signé exactement de la même écriture : problème de visibilité ou d’authentification.

Chevalier_joseph_de_saint_michel_pa (Photo Ch.V. - Portrait d'homme par Joseph de Saint Michel pastel sur soie 1771)

Le second pastel de la collection Ch. V. est grand 50 x 40 cm, signé daté 1770 ou 71, de l’époque toulousaine.
Ce qui est remarquable dans ce portrait d’homme est de voir combien la technique de Joseph de Saint-Michel est constante : finition à l’eau de détails de dentelle et passementerie, les lumières typiques sur les tissus (remarque de Neil Jeffares), le cadrage assez haut.

Dtail_chevalier_joseph_de_saint_mic (Photo Ch.V. - détail de la passementerie et de la dentelle, le travail sur soie au pastel est terminé avec des touches de pastel dilué qui marquent les lumières)

Le fond du portrait est un ciel - rareté, car la lumière du portrait ne correspond pas à un éclairage extérieur, mais bien à un éclairage intérieur, un portraitiste au pastel travaille dedans - , et le nuage sombre à droite forme une diagonale… qu’on retrouve quasiment à l’identique dans les portraits de Pierre-Frédéric Dobrée (n° 896.1.3868 - ovale 66 x 55 cm signé daté 1778)  et son épouse Marie-Rose Schweighauser (ovale 61 x 53 cm signé daté 1778) du Musée Départemental Dobrée de Nantes dont N.J. donne une reproduction.
Ce portraitiste devait donc se tenir en permanence à sa méthode, sa manière, ses habitudes.

Signature_1771_chevalier_joseph_de_ (Photo Ch.V. - signature de l'homme en rouge sur fond de ciel)

Remerciement à Ch. pour avoir accepté la publication de ses pastels de J. de Saint Michel

Lire la suite "Les Chevalier de Saint Michel de Ch. V." »

juillet 16, 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Dona Leonor de Almeida Portugal par Franz Joseph Pitschmann

Marquise_dalorna_par_pitschmann_1780_lis (Photo Fondation LOF - Dona Leonor de Almeida Portugal par Franz Joseph Pitschmann - Photo retouchée des taches et craquelures)

La marquise d'Alorna - marquesa de Alorna - est une célèbre femme de lettres pré-romantique portugaise qu' Alexandre Herculano comparait à Madame de Staël, avec qui elle avait beaucoup de points communs.
Le château des Marquis de Fonteira possède un joli portrait d’elle au pastel, la Fondation Fronteira et Alorna (Fundação das Casas de Fronteira e Alorna) en a aimablement autorisé la publication par la Fondation LOF, la biographie de cette note est rédigée par Philippe (Voir bibliographie détaillée sur le site de l’INA) .

Marquesa_de_alorna_non_retouche (Photo Fondation LOF - Dona Leonor de Almeida Portugal par Franz Joseph Pitschmann - Photo non retouchée)

Dona Leonor de Almeida Portugal Lorena e Lencastre (1750-1839) a laissé une oeuvre poétique (célèbre poème "Oferenda aos Mortos") et épistolaire considérable encore largement inédite.
Sa correspondance va être publiée, notamment ses lettres à la comtesse de Vimioso, Dona Teresa de Mello Breyner, "Tirce" (ou Tircis), pendant sa réclusion au couvent St Félix de Chelas à Lisbonne.
Elle avait 9 ans en 1759 lors de l'élimination de sa famille maternelle, les Tavora – dont sa grand-mère - par le marquis de Pombal (Sebastião José de Carvalho e Melo, futur comte d'Oeiras) premier ministre de Joseph Ier, sanglant règlement de compte qui provoqua un choc à travers toute l'Europe et marqua durablement les esprits.

Excution_des_tavora_1759_lisbonne (Photo et références arqnet.pt Supplice des Tavora le 13 janvier 1759 à Belém. La marquise de Tavora, grand-mère maternelle de Leonor est en noir au centre) au centre a été suppliciée en premier, pour avoir été l'opposante la plus virulente, obstinée et acharnée à la politique de Pombal qu’elle méprisait et traitait de "nouveau riche", de "parvenu arriviste". Marquise_de_tavora_excute_avec_les_siens Sa complicité avec la Compagnie de Jésus - à travers son confesseur illuminé, le père Malagrida - a été pour beaucoup dans la violence de l'élimination des Tavora. Lire d’avantage en fin de note)

Elle fut cloitrée pendant 18 ans, comme sa mère et sa soeur Maria (future comtesse de Ribeira Grande) et les proches des Tavora.
Au couvent elle emploie son temps à lire, écrire et tenir salon de poésie – usage qu’elle conservera la liberté retrouvée dans sa maison de Bemfica.
Elle se acquiert une culture encyclopédique et adhère aux idées des Lumières.
Elle correspond sous le nom de plume arcadien d’« Alcipe » ou "Alcippe" et devient célèbre dans le monde des lettres, comme "outeiros de Chelas" « éminences de Chelas ».

Chteau_des_marquis_de_fonteira (Photo LOF - Chateau des marquis de Fronteira /Pala¡cio dos Marqueses de Fronteira)

Après avoir épousé le comte Karl von Oeynhausen-Gravenburg (1739-1793) envoyé plénipotentiaire du Portugal à la Cour de Vienne elle vit à Vienne où elle aurait été très estimée de l'impératrice Marie- Thérèse.
L'étendue de sa culture, son caractère aimable et ses multiples talents artistiques, lui ouvrirent également les portes des Cours de Madrid, Versailles et Londres.

4a_marqueza_dalorna_d_leonor_dalmeida_po (Photo Fondation LOF - note au dos du pastel identifiant la marquise, on voit que le pastel a été ouvert et mal réencadré)

Son portrait par Joseph Franz Johann Pitschmann 1758-1834 (58 x 47 cm) porte au dos la mention manuscrite de son nom et la signature de « J. Pitschmann fecit » est en bas à droite.
Deux pastels de J. Pitschmann sont au cabinet des pastels du Musée Narodowe à Varsovie dont celui du roi de Pologne Stanislas II 1789 (cf par N. Jeffares p.423 du DDPb1800).

J_pitschmann_fecit (Photo Fondation LOF - Signature de Joseph Franz Johann Pitschmann "J. Pitschmann fecit" non daté)

Ce joli cabinet de pastel possède aussi un pastel d’A-R Mengs)


Stanilaw_ii_pitschmann (Photo Musée Narodowe à Varsovie : Franz Joseph Pitschmann - Triest 1758 - Krzemieniec na Wołyniu 1834 Portret Stanisława Augusta mundurze generała wojsk koronnych, z orderem Orła Białego, 1789 - 1794)

Le pastel est traditionnellement daté de 1780, elle avait 30 ans, ce qui correspond bien à l’age du portrait.
L’état de conservation est moyen, d’une part l’encadrement n’est pas étanche, le pastel est donc attaqué par des champignons (taches noires sur l’ensemble du pastel), d’autre part il s’agit d’un pastel sur un support de toile (je ne lai pas ouvert) vraisemblablement enduite – ce qui est rarissime – car il présente du fait de la rigidité du support des craquelures qu’on ne voit jamais sur un pastel XVIIIeme.

Dtail_craquelures (Photo Fondation LOF - Gros plan qui permet de voir les champignons - taches noires - qui se développent sur les pastels à liant décomposable, et ces très curieuses craquelures semblables à celles d'une huile sur toile sous verni)

Elle est en buste, habit noir et blanc typiques de la décennie 80, fond gris.
Elle porte dans ses cheveux un rare bijou de perles noires.

Perles_noires (Photo LOF – Dona Leonor porte un joli rang de perles noires, dégradés de gris à la mode)

Portrait de sa grand-mère par Philippe :
Cette marquise - Dona Leonor Tomásia de Távora, comtesse de São João da Pesqueira et marquise de Tavora, née le 15 mars 1700, décédée le 13 janvier 1759 - était était issue de la haute noblesse d'extraction (ou de souche) elle avait pris la mauvaise habitude d'être traîtée à l'égal d'une reine lorsqu'elle vécut aux Indes avec son mari, quand il en avait été nommé vice-roi.
De plus, elle avait un caractère varonil ; comme disent les portugais (c-à-dire : de mec !) pour ne pas ajouter qu'elle avait un sale caractère.
Totalement influencée par son confesseur et directeur de conscience (le fameux père Malagrida - qu'on disait être un véritable illuminé -) comme toutes les dames de sa maison (les intéressantes mémoires de la comtesse d'Atouguia, fille aînée de la marquise de Tavora - Cf. article dans le site
arqnet.pt -) elle devint l'égérie de la réaction, s'opposant à tout ceux qui manifestaient le désir de réformer le pays.
Le palais des Tavora passait pour être un foyer d'opposition.
Elle devait être de ces gens qui fustigeaient l'esprit des Lumières, qui gagnait pourtant du terrain au Portugal dès cette époque.
Le fait que le roi (qui n'avait que deux filles...) s'en remettait totalement à Pombal (auquel elle ne pardonnait ni son ambition, ni ses manières d'arriviste, ni sa petite naissance : il fallait alors être issu des rangs de la haute noblesse pour accéder aux plus hautes charges de l'Etat) et lui laisse le champ libre pour faire et défaire tout dans le pays, recourrant aux réformes les plus audacieuses SANS consulter la haute noblesse : c'était totalement inacceptable pour ces gens dont elle, son mari et le duc d'Aveiro faisaient partie.
C'est bien simple : ils ne manquaient pas une occasion d'afficher le plus grand mépris pour le futur Pombal.
Ils ne s'imaginaient pas à quel point le roi était excédé par leur attitude (Aveiro avait fait abusé à plusieurs reprises de la patience du roi, depuis l'enlèvement (dans sa folle jeunesse) d'une femme -- du même rang mais déjà mariée -- aux pires bassesses pour acquérir les biens et titres du vieux -- et riche -- duc d'Aveiro, Dom Gabriel Ponce de León y Lencastre mort en 1745 sans héritier direct, dont il n'était, somme toute, qu'un parent éloigné).
Pombal attendait son heure.
Trop c'en fut trop : le roi Joseph Ier chargea son premier ministre de l'en débarrasser, et chose faite, le fit comte (d'Oeiras).
Mais Pombal ne s'arrêta pas en si bon chemin et expulsa les jésuites en 1758 (expédiés à Civitavecchia, en cadeau pour Sa Sainteté le bon pape Clément XIII) renvoya le nonce apostolique et rappela l'ambassadeur du Portugal (en 1760).
Et hop ! Qui disait que le Portugal, l'Espagne et le royaume des Deux-Siciles étaient les Cours les moins portées au progrès ?
Ce ne sera plus le cas du Portugal jusqu'en 1777 (décès de Pombal et accession au trône de Marie Ière, fille de Joseph Ier, qui allait s'employer à défaire tout ce que Pombal avait fait, sans grand succès toutefois : les temps ayant changé).

Pombal

juin 24, 2006 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

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