(Photo LOF - Pour Carolyn, vin de rose selon Apicius, dans un verre et une bouteille du XVIII C)
Sur le modèle des adaptations de la vieille cuisine par Carolyn.
Original
« Rosatum et violacium
Rosatum sic facies: folias rosarum, albo sublato, lino inseris ut sutilis facias, et vino quam plurimas infundes, ut septem diebus in vino sint. post septem dies rosam de vino tollis, et alias sutiles recentes similiter mittis, ut per dies septem in vino requiescant, et rosam eximis. similiter et tertio facies, et rosam eximis, et vinum colas, et, cum ad bibendum voles uti, addito melle rosatum conficies. sane custodito ut rosam a rore siccam et optimam mittas. similiter, ut supra, et de ‹viola› violacium facies, et eodem modo melle temperabis.
M. Gravius Apicius de re coquinaria
Traduction / Translation
Vin de Roses et vin de violette
Enfiler en chapelet des pétales de roses dont on coupe le bout blanc.
Laisser mariner dans du vin pendant 7 jours en prenant soin qu’elles baignent entièrement.
Les retirer et procéder de même avec de nouveaux pétales, 7 jours encore, puis une 3e fois.
Enfin, retirer les pétales du vin, filtrez-le et quand vous voudrez le boire ajoutez du miel pour terminer le vin de roses.
Choisir d’excellentes roses bien parfumées, et sèches.
Le vin de violette se fait à l’identique.
(Photo LOF - Bel effet ces pétales de roses dans le vin, la base du pétale est coupée )
Actualisation / Adaptation
- Vino = Vin rouge ou blanc ? On utilise souvent le blanc mais le résultat est décevant, le rouge est plus satisfaisant, le choisir bon vin, si on n’a pas d’Alentejo riche en aragonés, utiliser une dominante syrah.
- Combien de roses ? pour une bouteille de vin mettre 3 belles roses ou 4 petites, d’un bon parfum de rose et non traitées. Il faut absolument les cueillir le matin de bonne heure, après la rosée, juste sèches comme le dit Apicius, le parfum est le plus puissant.
- Albo sublato, c’est assez simple on prend la rose dans les doigts et on coupe d'un seul coup de sécateur tous les pétales à 5 mm de leur base, puis on élimine le centre (étamines). La base des pétales est un peu amère.
- Enfiler en chapelet était possible au temps de l’esclavage, on avait des gens à occuper. Aujourd’hui le temps est à la productivité (c’est l’inefficience économique qui a entraîné la disparition de l’esclavage), donc mettre les pétales tels qu’elles et passer la macération à la passoire fine à chaque changement de pétales : il faut faire 3 macérations d’une semaine dans une pièce sombre et fraîche.
- Addito melle, effectivement il faut sucrer, mais peu. Au miel romain on peut substituer du sirop d’érable, de canne, selon le goût.
(Photo LOF - la rose, c'est une porte irrésistible pour l'imaginaire)
Remarques / Comment
Grand plaisir à faire ce vin, des pétales de roses partout dans la cuisine.
Laver les pétales avant de les mettre à macérer.
Ann a choisi des roses anciennes au parfum pas trop lourd.
Tout à fait étonnant, un parfum de rose avec toute sa capacité d’évoquer un monde parfait.
Il ne faut pas trop sucrer ni parfumer, il s’agit d’un vin parfumé et non d’une crème, d’un sirop ou d’une liqueur, les anciens étaient fous des roses.
La persistance et l’épanouissement en bouche (surprenants) doivent être ceux du vin.
Le parfum de rose est magnifiquement rendu par un vin puissant aux notes de mûre et de bois vieux.
Boire à l’ombre dans votre roseraie, en ajoutant un rien d'eau fraiche à la mode romaine.
(Photo LOF - frais, pas glacé)




C'est bien tentant, la rose ouvre des tas de possibilités.
Rédigé par : mamina | 03/09/2006 à 14:49
hello,
Moi qui suis en train de me prendre la tête avec les variétés de roses utilisées en cosmétique/médecine, je me désaltère avec cette page rafraichissante.
Je n'ai pas de roses fraîches sous la main. Mais ça me donne envie d'essayer avec des roses de Provins séchées et probablement de la Syrah au nez poivré. Ça ne devrait pas être mal.
On fait aussi de l'excellent vinaigre de rose antiseptique et bon pour tout. Par curiosité: quelles roses ont finies ivres mortes dans la bouteille?
Rédigé par : venezia | 03/09/2006 à 18:41
je viens de decouvrir ton blog et la première chose que je vois est magnifique…
Rédigé par : daniela | 03/09/2006 à 19:50
je viens de decouvrir ton blog et la première chose que je vois est magnifique…
Rédigé par : daniela | 03/09/2006 à 19:51
Avec soin et délicatesse, la rose peut révéler bien des prodiges aux palais les plus exigeants. Autrement, c'est une horreur de grossièreté, d'arômes capiteux et/ou n'évoquant plutôt des odeurs synthétiques immondes.
Rédigé par : Phil' | 03/09/2006 à 20:38
voilà une bien belle raison de me faire offrir quelques roses, argument dont je saurai faire bon usage ;-)!
Rédigé par : alhya | 03/09/2006 à 21:12
tu as raison Philippe,
la rose thé est un parfum typé qui a vite fait de sentir le déodorant pour toilettes.
C'est pourquoi c'est Ann qui choisi les roses pour le vin de rose, c'est elle qui a la haute main sur la roseraie et qui sélectionne les roses chez David Austin
c'est comme l'eau de rose, rare sont celles qui libèrent un parfum qui te fait monter, mais beaucoup te collent un bon coup sur la tête
merci pour ton commentaire
Rédigé par : jp | 03/09/2006 à 22:09
bonsoir princesse
je vais demander à Ann les variétés de roses qu'elle a choisies,
tu sais que le pic de la rose est proche de celui du poivre
donc le mélange des deux (Nahéma de Guerlain) induit une hésitation et un sentiment curieux
et à vrai dire agréable,
si tu as des roses fraîches ça me semble préférable
Rédigé par : jp | 03/09/2006 à 22:42
Je t'en prie, J.P. Il faut que je t'avoue que la rose fait partie des piliers qui sous-tendent les cultures du Caucase, les ottomans aussi en étaient fous.
Idem avec les amandes, les grenades, les sons flûtés, la soie, les noix, les pêches, la crême glacée, le murmure de l'eau... Tout ça a tellement voyagé.
Rédigé par : Phil' | 04/09/2006 à 00:25
Lire la recette comme une poésie, concocter en douceur, dans le respect des délicats pétales... que c'est beau!
Rédigé par : Zénobie | 04/09/2006 à 12:42
Bon et bien si c'est une recette d'Apicius on peut lui faire confiance, ça me rappelle de bons souvenirs cette traduction poétique !
Rose et violette je craque!
Rédigé par : mercotte | 04/09/2006 à 16:57
Ca se lit comme un poeme, ca se deguste certainement comme ca aussi. Je m'en vais aller cueillir des roses apres la rosee du matin, les eparpiller partout dans la cuisine, ressortir un verre du 18eme et je t'enverrai une photo.
Rédigé par : Gracianne | 05/09/2006 à 12:28
Aaaaaaaaaah, j'ai fait une grande erreur en empochant trop vite les roses de septembre !!
J'aurais mieux fait d'attendre un peu et les boire à votre santé !!!
Rédigé par : fincasor Twillartee | 14/09/2006 à 21:50
tant pis pour toi
on boira le reste de notre vin à la tienne
Rédigé par : jp | 14/09/2006 à 21:59
Jà bebi. Bom !
Rédigé par : JCP | 07/01/2007 à 14:27
A vous toutes et tous ici qui semblent aimer,
leparfum delicat et parfois entetant
de la rose au printemps,
voici
une recette un peu corcee, medicinale
Un petit verre en fin de repas
(arthrite, diarrhee, gencives fragiles, haleine fetide, leucorrhee, reumathismes, troubles intestinaux)
Pour mieux dire, c'est un elixir antibiotique, fortifiant et tonique.
A votre sante!
1 L. de vin rouge (beaujolais, Mediran, Medoc)
60rg sucre ou mile
50gr de perales de rose seches
1 petit verre d'eau de vie
1 cuil. a cafe de graines d'anis
1 pincee de safran
Melanger les petales et les epices
recouvrez avec le vin et l'alcool
laissez reposer 8 jours
ajouter le sucre (ou miel) et remuez bien
filtrer et embouteiller
Rédigé par : nathalie depastas | 09/05/2012 à 22:51