Percebes - Pousse-pied
(Photo LOF - Pousse-pieds cuits encore chauds. Pas de temps à perdre)
Au sud de Sines la côte d’Alentejo devient rocheuse, les falaises sont de plus en plus hautes jusqu’au cap Saint Vincent.
C’est en prenant de vrais risques que les alentejanos vont chercher sur les rochers aux marées les plus basses des pousses-pieds (s’écrit aussi pouce-pied ou poussepied) – percebes (pollicepes cornucopia)
L’animal est proche des bernacles et autres anatifes géniteurs des canards selon la croyance des Écossais qui en font grande consommation.
Il faut encore savoir qu’il en existe diverses variétés (ceux de la péninsule sont différents des pousse-pieds de sable marocains, et des canadiens de Vancouver longs et clairs moins appréciés ici ).
(Photo LOF - Le percebes alentejano a une belle cuisse bien dodue et copieuse dans un bas de soie noire... style Dior actuel)
Les pêcheurs-cueilleurs distinguent deux qualités : le pousse-pied de lumière (courts et charnus vivant côté soleil des roches) qui naturellement n’ont rien à voir avec le pousse pied d’ombre, filiforme maigrichon que l’amateur repoussera dédaigneusement
Et les fanatiques il y en a, surtout en Galice, qui classent le percebes portugais très haut (ça n'est pas peu dire).
(Photo LOF - c'est la chair de la cuisse dénudée qu'on mange)
On en trouve dans toute la zone méditerranéenne et sur la côte Atlantique pourvu qu'il y ait des rochers et de la mer.
Heureusement, ils sont encore abondants ici et valent beaucoup moins cher qu’en Espagne ce qui permet d’en servir un kilo par personne et d’en faire un repas.
Le pousse-pied se mange à peine cuit.
Pour les cuire, on va chercher une casserole d’eau de mer, on fait bouillir avec une poignée d’algues, on y plonge les percebes. 30 secondes, un rien.
Et on mange tout de suite, encore tiède.
Avec du vin blanc bien frais dans le verre.
(Photo LOF - Les blancs secs portugais, ici un Dao, ont des saveurs de sève de vigne qui accompagnent bien l'iode)
Certains ajoutent à l’eau de cuisson de l’ail, du laurier, mais le bouillon doit être le plus discret possible afin de garder la saveur d’iode.
Il existe des recettes de poussepied aux algues
La cuisson durci le mollusque, elle doit être très brève, c’est du gâchis de les cuisiner en paella ou en gratin.
On casse l’enveloppe chitineuse du pied qui ressemble à un bas de contention, on tire, on mange.
Un coup sur dix on éclabousse d’un jet d’eau de cuisson soit sa voisine, soit ses lunettes.
(Photo LOF - c'est là, en bas, au cap Sardão, que sont les percebes.
Une cigone dans son nid est cachée dans cette photo, peux-tu la découvrir ?)
Manger le pousse-pied se fait avec du temps devant soi et une bonne tablée de bons amis sélectionnés parmi ceux qui ont compris comment il faut vivre.
On le mange sans pain, sans rien d'autre que les doigts et la joie d'être à table.
C’est un grand souffle de mer, un moment de belle vie avec le bruit des vagues.
Sieste inévitable.
(Photo LOF - Porto Covo
la dame à droite : il ronfle
la dame de gauche : pois - prononcer Pôôhichhhh - il s'est envoyé un grand plat de percebes
la dame à droite : et dans la bouteille, c'était pas des percebes... )


Jen'ai jamais gouté de pousse-pieds, mais je trouve leur look intéressant :-)
Pour ce qui est des amis avec lesquels on peut manger des pousse-pieds, je trouve que c'est la m^me chose pour la plupart des fruits de mer, on ne peut pas les manger avec n'importe qui !
Rédigé par: Marmitedecathy | lundi, avril 24, 2006 at 07:45 AM
Moi qui croyais bêtement que ça poussait qu'à Belle-Ile-en-Mer, ces sexy coquillages en bas de soie !
Rédigé par: Ester | mardi, avril 25, 2006 at 09:07 AM
Jà percebi tudo. Percebes?
Une merveille de la nature qui a tout de la serre du condor et à la fois de la cuisse de Dior, ce qui en fait un must, mi joyau, mi-joyeux.
A Fuentarrabia, de l'autre côté de la Bidassoa, face à Hendaye, il s'en déguste dans la rue.
Beau (voire magnifique) et bon.
Ne nous étonnons pas si, scripturalement, percebes signifie "tu piges?" en portugais.
Rédigé par: JCP | mardi, avril 25, 2006 at 04:06 PM
Je dirais même plus, photos remarquables. Percebes?
Rédigé par: JCP | mardi, avril 25, 2006 at 04:13 PM
Je reviens de Belle ile ou j'ai l'habitude d'en voir. Les Bellilois les exportent vers l'Espagne, ou on les apprecie aussi, dit-on, pour leurs vertus aphrodisiaques. A Belle Ile la mer garde souvent les pecheurs de pousse-pieds imprudents, descendus trop pres des vagues. Je ne suis pas sure de les apprecier, ceux que j'ai goutes etaient sans doute trop cuits.
Rédigé par: Gracianne | mercredi, avril 26, 2006 at 11:06 AM
J'adore les "do you understand"! Traduction littérale de "percebes"... ;-)
Ça me rappelle les petites tascas de Lisbonne dans lesquelles j'allais déjeuner avec mes collègues.
Rédigé par: Elvira | mercredi, avril 26, 2006 at 09:53 PM
Ho merci Gracianne pour "les vertus aphrodisiaques" des percebes.
Ici beaucoup de choses sont réputées aphrodisiaques, on se croirait en Chine, dès que c'est un peu long, un peu raide comme l'asperge ou articahut, un peu d'un parfum fort comme le gingembre et la canelle : c'est aphrodisiaque
s'ils connaissaient le celeri que diraient-ils ?
Rédigé par: jpjp | jeudi, avril 27, 2006 at 09:34 AM
A pays de cocagne, mets de cocagne. Voilà qui est vivre. hé bien !
Rédigé par: Phil | lundi, mai 01, 2006 at 03:21 AM
Il n'y a pas très longtemps, j'ai vu une émission sur le pousse pied et je trouve tes explications très complémentaires !
Tu m'a fais rire pour la blague avec le pépé et les mémés !!!!
Ah, au fait, on gagne quoi si on a trouvé la cigogne ?
Parce que je l'ai trouvéééééeeeeeeee !!!!
;-)))))))))))))
La Zaza
Rédigé par: zaza | lundi, mai 01, 2006 at 08:19 AM
et quand on a fini l'assiette de percebes, on dit " Já percebi".
Rédigé par: Joao | mardi, mai 02, 2006 at 11:24 AM
hola de monika
Rédigé par: lima anton | mardi, juillet 04, 2006 at 06:36 PM
Originale recette !
Et superbes photos pleines de soleil...
Rédigé par: Caroline | vendredi, novembre 24, 2006 at 08:26 AM
j'ai lu aujourd'hui les commentaires sur les pouuse pieds
vers le CAP ST VINCENT, je n'en ai jamais mangé, mais mes papilles
ont été émoustillées, tu as l'art de bien décrire toutes les bonnes
choses qui se dégustent avec un bon petit vin hum ......
Rédigé par: colette | dimanche, février 25, 2007 at 02:41 PM
nous avons une cooperative de ramassage des pousse-pieds et l'elevage on cherche des partenaires pour la vente AGADIR MAROC
Rédigé par: nouri | lundi, avril 30, 2007 at 05:34 PM
J'ai mangé des pousse pieds au bord de la lagune au Senegal avec une bande de copains dont un specialiste c'etait vraiment un pur moment de bonheur.Qui dit qu'au Senegal c'est pauvre.....
Rédigé par: anne | vendredi, mai 25, 2007 at 10:19 AM
J'ai mangé des pousse-pieds dans un restaurant espagnol à Vigo.
Un pur bonheur, j'apparenterai le goût à des escargots. Vraiment très bon !!
Rédigé par: forrest | dimanche, mai 27, 2007 at 07:21 PM
Un vrai régal ces minis pieds de dinosaures
...dégusté aussi dans un resto espagnol à vigo, en plein orage
Rédigé par: severine | mardi, mai 29, 2007 at 04:41 PM
pour info ces percebes on peut les trouver à Biarritz ( de plus en plus rare)sous l'appelation Operne
il existe d'ailleur la confrèrie de l'operne, c'est aussi le nom d'un restaurant
autrefois les rochers en face de la grande plage en étaient bien fournis
moi aussi j'ai trouvé le nid
Rédigé par: jean marie | jeudi, juillet 05, 2007 at 09:59 AM
Je pêche les pousse pattes depuis ma tendre jeunesse sur la presqu'ile de Quiberon. L'interdiction, que nous bravons allègrement, de pecher ce crustacé sur les côtes bretonnes fait qu'ils sont de plus en plus nombreux et alors qu'il fallait faire de l'escalade maintenant on en trouve aisément à Port Barra sans se mouiller les pieds par fortes marées.
Rédigé par: JEAN-PIERRE | mercredi, août 22, 2007 at 09:37 AM
es que cela se congel?
Rédigé par: Marti | dimanche, septembre 16, 2007 at 10:56 AM
jamais essayé de les congeler
si quelqu'un sait
qu'il le dise...
Rédigé par: jp | dimanche, septembre 16, 2007 at 11:17 AM
Nossa!! Percebes!!
Que saudade do gosto dos percebes, aqui no Brasil não tem...
Rédigé par: Guida | mercredi, janvier 23, 2008 at 08:39 AM
surtout ne pas les congeler car ils devienent inmangable tellement bon encore chaud!!!
Rédigé par: donias patrick | vendredi, février 29, 2008 at 10:53 AM
J'ai découvert le pousse-pied à Fuentarrabia, la ville soeur de Hendaye, de l'autre côté de la Bidassoa.
Alors qu'à deux encâblures, Hendaye roupillait déjà, Fuentarrabia tachtchait joyeusement dans la rue principale, pleine de marchands de pousse-pied.
Je suis maintenant proche voisin du Cabo Sardão et ça va barder,côté percebes.
Percebes, tu piges?
Rédigé par: JCP | lundi, mars 10, 2008 at 08:34 PM
boas
sou mariscador profissional.
gostaria de falar consigo.
por favor dê-me um toque para o meu email.
obrigado
Rédigé par: ricardo | mardi, avril 01, 2008 at 09:23 PM