Campo

Erodium moschatum : la montre

Erodium moschatum flower fleur (Photo LOF - Erodium moschatum : Fleur typique des geranium, d'un joli rose lilas)

Une variété d’erodium moschatum L'Heritier (bec-de-grue musqué) est abondante dans le sud de la péninsule aux campagnes non désherbées.

Erodium moschatum fruit (Photo LOF - formation des fruits)

Cette variété de géranium fleurit en avril.

Erodium moschatum seed (Photo LOF - l'épingle du centre qui sèche commence à se découper en vrille)

La graine prolongée par une arête en spirale qui lui permet de progresser sur le sol et de s’enterrer au gré des mouvements sa vrille, sensible aux variations de l’hygrométrie.
Agulheira-moscada, en portugais, est couramment appelée "la montre" « relogia » : la graine ressemble à un ressort de montre qui s’enroule et se déroule avec au bout une aiguille, de même en espagnol « relojes, relojicos, relojitos »

Erodium moschatum spiral seed 2 (Photo LOF - les 5 graines sont dotées de vrilles en pas de vis et d'un manche courbe, en bec-de-grue, qui prendra appui sur le sol de façon à visser la graine dans le sol dès qu'elle rencontre une aspérité )

La fiche Wikipedia en espagnol donne l’incroyable liste des noms communs, dont celui d’aiguille (aguja de Nuestra Señora), épingle (alfileles)...

Erodium moschatum (Photo LOF - Les épingles débarrassées de leur graines)

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Chrysanthèmes de Mykonos / Malmequer (Coleostephus myconis)

Oeil de boeuf Coleostephus myconis (Photo LOF - Olho de boi, = œil de bœuf, autre nom du chrysanthèmes de Mykonos en portugais)

Mai : l’Alentejo devient jaune et mauve

Jaune de chrysanthèmes de Mykonos (Coleostephus myconis = Chrysanthemum multicaule nombreux synonymes ), en portugais Malmequer (mal ou bem me quer), Pampilho, Pampilho de micão...

Chrysanthèmes de Mykonos carpet tapis (Photo LOF - Tapis de chrysanthèmes de Mykonos)

Ces fleurs évoquent le dernier séjour portugais de Dominique Delobel en mai 2006, année de sa mort – deux mois plus tard - d’un accident cérébral. 
Il avait publié une superbe note sur ce printemps étonnamment coloré 
Il nous avait visité, et il avait laissé sur cette machine des photos inédites, en voici quelque unes, hommage à la mémoire du botaniste amoureux du sud portugais qu'il était

Colos Cercal Dominique Delobel (Photo Dominique Delobel - Inoubliable printemps 2006, une route entre Cercal d'Alentejo et Colos)

Dominique Delobel dernières photos
(Photo Dominique Delobel - Vipérines, Dominique aimait la photographier la flore d'Alentejo il avait un oeil de photographe bien à lui)

Alentejo 2006 Dominique Delobel (Photo Dominique Delobel - ses photos étaient composées et aussi documentaires)

Avril et mai sont une succession de floraisons qui varient en intensité chaque année.
L'hiver et un printemps pluvieux de 2010 favorisent le Chrysanthème de Mykonos - variétés proche du C. couronné

LOF aux chrysanthemes de Myconos (Photo LOF - LOF verger est)

Jamais depuis notre arrivée au Portugal, en 2003, nous n'avions vu la campagne aussi jaune an mai.
Spectacle aujourd'hui oublié dans l'Europe des désherbants

Campo amarelo 2010 05 campagne jaune (Photo LOF - la campagne d'Alentejo en mai 2010)

Chrysanthemum myconis L. Leucanthenum myconis Ginaud Pyrethrum myconis Myconia chrysanthemum (Photo LOF - et ses chrysanthèmes de Mykonos)

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Briza (Pourquoi ?...)

Quaking grasses コバンソウ属 hierbas de temblor (Photo LOF - épillets de Briza )

"Briza, d'un mot grec qui signifie balance" [lequel ?] écrit Jean Henri Jaume Saint-Hilaire (Plantes de la France vol 10)
Linné n’est pas d’accord « Briza, du grec, dormir, parce le pain fait avec sa farine fait dormir » (Système des plantes vol 5)
Quel verbe grec ?
βριξω (désolé je ne trouve plus l'alphabet grec classique dans typepad) = sommeiller ?
Jean-François Laterrade (Flore bordelaise) est plus précis « du grec brizein, dormir, parce que sa farine donne un pain somnifère. »

コバンソウ属 quaking grass briza maxima (Photo LOF - balancer ? dormir ? abaisser ? tirer en bas ? peser ? charger ?…)

Louis-François Jéhan (Dictionnaire de botanique) a des doutes justifiés :
« Linné a donné à ce genre un nom d'origine grecque, qui signifie endormir, parce que, suivant les étymologistes, ses semences, réduites en farine et converties en galettes, pèsent sur l'estomac et assoupissent.
Je donne cette explication pour ce qu'elle vaut.
La plupart des espèces sont désignées en français par le nom vulgaire d'Amourettes, soit à raison de leur élégance, soit, comme d'autres le soupçonnent, par altération du nom Mouvette, parce que le moindre vent met en mouvement leurs épillets, ou parce que leurs écailles ont la forme d'un cœur.
»
...sur l’origine grecque Jean Baptiste Henri Joseph Desmazileres (Agrostographie des Departements du Nord de la France)  est plus crédible dans son explication :
« Briza, peut être d'un mot grec qui signifie abaisser, tirer en bas,- à cause de la pesanteur des épillets;
ou, selon M. Ventenat, d'un mot grec qui signifie charger; parce que le pain fait de sa farine est pesant.
»
briqos = le poids, la lourdeur, pencher.

Ladies hair amourette tremblante (Photo LOF - Les épillets donnent l’impression d’être pesants pour la tige, cette plante courbe la tête.)

L’explication d’"Amourette" à cause de la forme de cœur des épillets ou des écailles est plus convaincante que le lien entre amourettes et tremblantes.
Rousseau écrit :
« Elles fleurissent seulement dans le mois de mai ; elles croissent en formant un pannicule lâche, dont les tiges sont si déliées que le moindre vent les agite, ce qui leur a fait donner le nom d'amourettes tremblantes « (Ce surnom ne se donne qu'à une espèce de ce genre, qui est la briza eragroslis [ce qui m’étonnerait] )
Pourquoi les amourettes seraient elles tremblantes ?
Partout le nom commun de la briza est évoque le tremblement, le balancement :
Quaking grass, ladies hair (c’est joli), Zittergras, hierbas de temblor, …
" En français vulgaire, les amourettes, de ses épis en forme de cœur et d'une figure très-élégante. » écrit Jean Henri Jaume Saint-Hilaire.
Et pourquoi ne pas dire qu’amourette vient de ce que les brizes fleurissent en mai, mois des amourettes ?

(Photo LOF - L’épi en forme de cœur est celui de la Grande briza, briza maxima)

Rédigé à 13:13 dans Herbacées | Lien permanent | Commentaires (1)

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Gladiolus illyricus - Glaïeul d'Illyrie

Wild Gladiolus Illyrische Siegwurz s (Photo LOF 04 05 2010 - Gladiolus illyricus dans un touffe d'Agapanthes, ce glaieul de 50 cm habituellement peut mesurer jusqu'à 1 m.)

L’insularité britannique touche aussi le glaieul d’Illyrie, les scientifiques locaux revendiquent le nom de glaieul britannique pour leurs glaieuls d’Illyrie sauvages (appelés Wild Gladiolus) et mauves.
Pourquoi se démarquer des Illyriens ?
Ils auraient pu l’appeler comme le font les espagnols Glaieul de mai «gladiolo o mayo»
Pourquoi la terrible Illyrie ?
Ce glaïeul est répandu dans tout le sud européen de la Turquie au Maroc, à l’Autriche, et jusqu’au sud de l’Angleterre, il est signalé en France côté littoral atlantique.

Gladiolus illyricus Glaïeul d'Illyrie (Photo LOF 04 05 2010 - ce joli glaieul sauvage pousse seul ou avec des amis partout, dans les carrés de poireaux, à la campagne, partout où il peut se faire remarquer)

Wilhelm Daniel Joseph Koch qui le premier décrit notre glaïeul p. 806 de son Synopsis florae germanicae et helveticae le nomme G. d’Illyrie (Illyrische Siegwurz) en renvoyant à b.83 du magnifique "Deutschlands Flora in Abbildungen" (Stuttgart 1796) de Jakob Sturm quoique ce dernier ne décrit pas une variété typiquement illyrienne
Mystère.

Gladiolus imbricatus par Jakob Sturm (Photo Numérisée par Google - Harvard University le glaieul imbricatus par Jakob Sturm)

Selon Wilhelm Koch il est présent dans les régions suivantes :
Krain (ex Carniola austro-hongroise aujourd’hui Slovenie,), Triest, Fiume (Rijeka, la côte Adriatique orientale.)
Autrement dit l’ancienne Illyries (Reich der Illyrer).
Koch est-il allé au delà de la simple référence géographique ?
Après tout l’Illyrie a eu des frontières extrêmement variables.
Les Illyriens (dont certains pensent que ce sont les actuels albanais) étaient considérés par les anciens comme des gens terribles au regard pétrifiant…

Glaieul sauvage Gladiolus illyricus (Photo LOF 04 05 2010 - Samouraï )

Ovide écrit
« Selon Aulugelle, les anciens habitants de l'Illyrie avoient deux paupières à chaque œil, et leurs regards étaient si dangereux qu'ils ôtaient la vie à ceux sur qui ils tombaient. Cette opinion, quoique fausse, avait sans doute, porté les Grecs à appeler les Illyriens, des Serpents, des Vipères… »
Or en regardant bien un glaïeul d’Illyrie dans les yeux… on constate vite que son regard est insoutenable
De là à penser que Koch se remémorait à Pausanias en voyant notre glaïeul : pourquoi pas.

Wild Gladiolus Gladiolus illyricus (Photo Photo LOF 04 05 2010 Alentejo littoral - Illyrien non ?)

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Lavater de Crète - Lavatera cretica L.

Lavatera cretica Smaller Tree-mallow (Photo LOF - la fleur de lavatera est variable, cette lavatera locale a des pétales bien détachés et régulièrement répartis)

De quel membre de la famille zurichoise Lavater, la lavatère tire-t-elle son nom ?
De nombreux ouvrages du XIX° reprennent l’affirmation de Jean-Louis-Auguste Loiseleur-Deslongchamps p. 298 de son Herbier général de l'amateur qui prétend que la dénomination est "dédiée à la mémoire de Jean-Gaspard Lavater, né à Zurich le 15 novembre 1741 mort dans la même ville le 2 janvier 1801, et qui s'est rendu célèbre par plusieurs ouvrages , dont le plus remarquable est ses Essais physiognomoniques. " 

Lavatera Portugal sul (Photo LOF - la même buissonnante, atteint 3 m. de haut)

Or ceci est impossible puisque "Le genre Lavatera a été distrait de celui des mauves par le célèbre Joseph Pitton de Tournefort (1656 - 1708), professeur de botanique au Jardin du Roi, à Paris, de 1686 à 1708" écrit Edouard Morren dans une intéressante note publiée par La Belgique horticole, Annales de botanique et d'horticulture, Vol. 6  c’est à dire antérieurement à naissance Jean Gaspart Lavater
La Flore d’Israël affirme que l’origine est les frères Johann Heinrich Lavater (1611-1691) professeur d’histoire naturelle et médecin spécialiste du péristaltisme intestinal et Johann Jacob Lavater [1er] (1594-1636) naturaliste ( ?)

Lavatera lavatere (Photo LOF - pourquoi cette fleur qui aime pousser dans des endroits impossibles évoque-t-elle les Lavater ? )

Edouard Morren remonte une génération plus avant "elle consacre spécialement la mémoire de Henri Lavater (1560-1623), médecin et naturaliste, et de son fils Jean-Henri (1611 - 1691), qui lui succéda dans la chaire de mathématiques et de physique".
Cette hypothèse est reprise par la fiche Wiki :  "Joseph Pitton de Tournefort benannte zu Ehren von Johann Heinrich Lavater die Pflanzengattung Lavatera aus der Familie der Malvengewächse“

ハナアオイ属 lavatere (Photo LOF - jolie mauve )


Edouard Morren poursuit "Les Lavaters …établissent le passage entre les mauves herbacées des latitudes tempérées et les gigantesques Bombax, Carolinea et Adansonia (Baobabs) des tropiques; quelques-uns sont annuels et herbacés, beaucoup forment des arbrisseaux ou des arbustes ayant le port des Abutilon et des Gossypium ou Cotonniers….
… Les Grecs et les Romains mangeaient la mauve cuite ou crue en salade, usage que nous retrouvons encore chez les Chinois. …une mauve ligneuse était très-estimée comme aliment chez les Egyptiens.
Tout le monde sait que la mauve, dans le langage des fleurs, est l'emblème de la douceur et d'une tendre disposition, et voilà pourquoi elle était rangée par les anciens au nombre des plantes funèbres ; ils avaient coutume de border les tombes de leurs amis de mauves et d'asphodèles.
On cultive en outre comme arbustes d'ornement des orangeries, de serre temperée ou de jardin d'hiver : le Lavatera hispida, DC, à fleurs roses et sauvage à Alger; le Lav. unguiculata, DC. à fleurs pourpres, venu de Grèce; le Lav. micans, DC, originaire d'Espagne; le Lav. lusitanica, DC, du Portugal; le Lav. triloba, DC, à fleurs lilas et natif d'Espagne, etc."


Lavatère de Crète (Photo LOF - au feuillage glabre)

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